Le 50e vendredi de marches contre le système a été marqué par une foule nombreuse à travers les trois wilayas de Kabylie. À Béjaïa, les manifestants étaient encore plus nombreux que la semaine dernière dans la rue. «Non au gaz de schiste» était l’un des mots d’ordre de la marche organisée, hier, dans les rues du chef-lieu de wilaya. Les manifestants, tout en réaffirmant leur détermination «à faire aboutir cette révolution», ont affiché leur ferme «opposition» à l’exploitation du gaz de schiste. «Gaz de schiste, désastre ‘’TOTAL’’», «Prends soin de la terre, la terre prendra soin de toi», «L’Algérie n’est pas à vendre et n’est pas un laboratoire d’expérimentations», «Non à la pollution de la nappe albienne»… pouvait-on lire sur quelques pancartes brandies par les marcheurs.
Pour la énième fois, les manifestants à Béjaïa ont réclamé la «libération de tous les détenus d’opinion et politiques», en rejetant l’offre de dialogue du pouvoir. «Le dialogue avec le peuple passe par l’application des articles 07 et 08 de la Constitution», a-t-on insisté. Actualité économique oblige, les manifestants ont appelé à préserver les emplois en confiant la «gestion des entreprises publiques et privées en difficulté aux travailleurs». Sur un itinéraire inchangé, de la maison de la culture jusqu’aux ruelles étroites de l’ancienne ville, les manifestants ont repris en chœur leurs slogans habituels, tout en demeurant «confiants» quant à l’issue du Hirak, né le 22 février.
«Notre objectif : faire aboutir cette révolution», lit-on sur une pancarte. Des portraits de quelques détenus et de chefs historiques ont été aussi brandis lors de cette marche. Une manifestation qui s’est déroulée dans le calme. Une autre marche, de moindre importance sur le plan numérique, a eu lieu dans les rues de la ville d’Akbou. À Tizi Ouzou, le désormais rituel du vendredi a été également respecté puisque les marcheurs étaient également au rendez-vous.
Du portail principal du campus de Hasnaoua de l’université Mouloud Mammeri, comme à l’accoutumée, les manifestants ont avancé dès le début de l’après-midi, dans le calme, brandissant pancartes, drapeaux algérien et amazigh, et criant les habituels slogans hostiles à la bande. La réclamation de libération des détenus politiques a été également vivement rappelée. La procession a traversé la ville en chants et dans la correction jusqu’à la place de l’ancienne gare où tout le monde s’est dispersé sans que le moindre incident ne soit signalé. A Bouira aussi, des milliers de citoyens ont investi, hier, les rues de la ville pour exiger un «changement du système politique».
Les marcheurs se sont ébranlés vers 13h30 de la place des martyrs pour sillonner, durant près de deux heures, les principales artères du chef-lieu de wilaya. Tout le long de l’itinéraire, les manifestants, drapés de l’emblème national et du drapeau amazigh, ont réitéré les habituelles revendications appelant à l’instauration d’un État civil, libre, démocratique et social. Et comme chaque vendredi, ils ont renouvelé leur appel à la libération de tous les détenus du Hirak, dont les portraits ont été brandis en masse. Vers 15 heures, les marcheurs ont commencé à se disperser dans le calme.
F. A. B, Amar A. et Djamel Moulla

