La Dépêche de Kabylie : Azoul, Mourad ! Comment se passe ton séjour à Paris ?
M. G. : Azoul, c’est plutôt agréable. Je passe de très bons moments avec mon ami d’enfance Arezki et sa famille qui m’accueillent et que je remercie beaucoup au passage. Je suis venu depuis le 18 décembre et je crois prolonger un peu mon séjour.
Tu étais au Canada avant le Zénith. Comment ça s’est passé ?
Oui c’est mon deuxième passage à Montréal, mon premier c’était en avril 2007 avec l’association Tafsut et le 22 décembre dernier j’ai chanté pour KSP avec Yasmina et la direction artistique de Cheikh Allaoua Bahlouli ; ce fut un grand plaisir de me produire sur scène avec ce géant de la musique kabyle. Je dirais que la tournée est bien réussie. Je remercie mon public canadien.
Après le Canada tu es revenu à Paris pour le grand Zénith où tu as fait un passage assez remarquable. Ça t’a fait quoi comme sensation ce deuxième Zénith?
C’est plutôt mieux que la première fois où j’avais beaucoup le trac. Mais tu sais chanter au Zénith devant des milliers de fans reste toujours un événement d’exception d’autant plus que cette fois j’étais en tête, d’affiche et le public attendait beaucoup de moi. J’ai su dépasser mon appréhension en étant à l’aise et décontracté sur scène.
On t’a gardé pour la fin en plus et tu es rentré sur scène avec le drapeau berbère. Ça symbolise quoi ce geste ?
Yennayer est notre fête, notre repère ; ce drapeau représente pour nous le symbole de cette lutte pour notre identité. On nous a caché notre histoire où même à l’école elle n’est pas enseignée ; mais heureusement qu’il y a des hommes grâce à qui Tamazight est aujourd’hui une vérité absolue.
C’est aussi un message pour faire tomber l’image stéréotypée qui te colle à la peau : tu serais connu pour la chanson d’ambiance ?
Certes, je chante l’ambiance mais je chante aussi le mal-être des jeunes et je n’oublie jamais le combat identitaire auquel j’appartiens et que je revendique aussi dans mes textes, la chanson « Mazal lkhir aârezdat » illustre parfaitement mon combat.
Je sais qu’il y a beaucoup de clichés qui nous collent, nous la jeune génération de chanteurs : rythmes, non stop, chansonnette, raï, kabyle … moi, je ne réponds pas avec animosité à ces provocations mais je réplique par le travail et je crois que par respect à mon public, je continue dans cette lancée.
Tu réponds aussi bien sur scène avec le vibrant hommage que vous avez rendu, Saïd Youcef et toi, à Matoub Lounès en fin du concert du Zénith.
Oui, on a gardé la chanson « Slaavit ayavehri » de Matoub Lounès pour la fin, on voulait terminer avec Matoub.
Qui a eu l’idée et pourquoi ?
C’était mon idée personnelle, car on ne peut pas célébrer Yennayer et autres fêtes kabyles d’ailleurs sans citer notre cher et regretté Matoub Lounès qui représente pour moi tout un symbole de lutte pour notre culture.
Alors tu te plais à Paris ?
Oui, chaque jour je visite un quartier de cette belle et vaste ville, je rencontre aussi du bon monde de la musique mais tu sais, sans aucune démagogie, la Kabylie me manque déjà.
Tu as des projets sur Paris ?
Après le Zénith du 6 Janvier et le concert du 20 janvier avec Alilou à l’occasion de l’Achoura en plus du spectacle du Canada, mon calendrier est clos pour cette fois-ci mais j’ai d’autres dates pour l’avenir donc je reviendrais sûrement.
Tu retournes en Algérie où tu prépares sûrement quelque chose…
Oui, je prépare un remix de mon dernier album ainsi qu’un DVD sous les conseils de mon producteur IZEM avec qui je suis toujours en bons termes et que je tiens à remercier.
Et le nouvel album c’est pour quand ?
Je suis effectivement en plein travail pour mon prochain album qui sera près pour cet été.
Y’aura t-il du nouveau dans le style et les arrangements ?
Il sera dans le même style que les autres sauf que j’essaierai d’introduire un peu plus de chaâbi car il semble que ça plaît à mon public. Bien sûr je ne dévoilerai pas tout car il y aura des surprises que je garde pour mon public.
Qu’est ce que tu en tires de ton parcours artistique jusque-là ?
Je suis vraiment ravi d’avoir ce public fabuleux qui m’encourage, j’ai toujours voulu faire de la chanson et, aujourd’hui, je suis doublement heureux car, non seulement j’exerce le métier que j’aime, mais la cerise sur le gâteau est que ça plaise aux milliers de jeunes. Je remercie beaucoup mes fans.
Ahuddu ahunnu fellawen
Asseggwas Ameggaz
Talwit Lehna iymazighen marra
Interview réalisée à Paris Par Djillali Djerdi
