Le prix de l’huile d’olive a doublé

D’abord, elle va de paire avec les augmentations tous azimuts des produits manufacturés fabriqués localement ou importés. Il faut le dire : cette augmentation, si l’on s’en tient à cela, ne saurait dépasser 20, 30 ou 50 %.

Mais là, nous nous trouvons avec des augmentations dépassant les 100 %, ce qui explique bien qu’un autre facteur, et n’on des moindres, entre en ligne de compte. Il s’agit bien sûr de la chute incommensurable de la production oléicole de ces deux dernières années que d’aucuns attribuent à l’insuffisance de la pluviométrie induite par les bouleversements climatiques, chose restant plausible. Pourtant, dans la haute vallée de la Soummam ou la culture de l’olivier occupe une place de choix, notamment en zones montagneuses, les paysans, aidés par les pouvoirs publics, ont développé cette culture par de nouvelles plantations ou le système greffage d’oléastre, procédés anciennement légués par les ancêtres. Mais cela pour beaucoup de spécialistes ne fait que remplacer les oliviers âgés qui meurent ou qui ne produisent que d’infimes quantités à un âge avancé. Par ailleurs, les feux de forêts qui ravagent chaque année de grandes superficies étaient pour quelque chose dans la chute de la production aléicole. Tout compte fait, il s’avère que cette récession de la production a fait que l’huile d’olive est devenue un produit qui se raréfie et qui s’arrache aujourd’hui a 400 DA le litre sur place, et auprès des huileries, les seules à avoir de grandes quantités mises sur le marché car chez les producteurs eux-mêmes rares sont ceux qui arriveront à satisfaire leur besoin quant on sait que nombre de foyer ont cette habitude de ne consommer que l’huile d’olive qu’ils produisent, et l’huile de table n’est utilisée que pour des mets spéciaux, comme les gâteaux. Les transactions vont bon train et beaucoup de revendeurs achètent le produit et l’écoule à 500 DA dans les grandes villes, notamment à Alger où il est très demandé. Parallèlement à cela, la compagne de la cueillette des olives tire à sa fin et devant la demande exorbitante en huile d’olive se traduisant par les afflux considérables des acheteurs aux points de vente. Les spéculations ont touchés également certains gérants des huileries. Aussi pour compenser le déficit local de la production oléicole, ils achètent de grosses quantités d’olives des autres territoires et de variétés « Achemlel ou Lemli » pour les transformer en huile produite est vendue comme étant de chez nous alors qu’elle est loin d’égaler la nôtre, en saveur surtout, laquelle a acquis ses lettres de noblesse et un label qui font qu’elle est très cotée sur le marché. Le moins que l’on puisse dire est que la baisse de la production oléicole engendrant une raréfaction de l’huile d’olive est à l’origine des augmentations actuelles des prix qui oscillent entre 350 et 400 DA le litre. En tout état de cause, les spécialistes dans ce créneau prévoient d’autres augmentations à venir, lesquelles atteindront peut-être la barre des 500 DA, voire plus.

L. Beddar