Les services agricoles de la daïra, lesquels ne ménagent aucun effort pour apporter aide et assistance aux jeunes agriculteurs, ne cessent d’enregistrer chaque jour de nouveaux dossiers de la part des jeunes demandeurs. Même si la plupart d’entre eux n’ont pas su saisir l’opportunité qui leur a été offerte pour réussir dans cette activité, d’autres par contre ont vu leurs efforts et volontés récompensés. La concentration de cette activité se situe, nous dit-on, au niveau des villages Aït Frah, Aït Atteli, Taourirt Mokrane… dans la commune de Larbaâ Nath Irathen. Celle d’Aït Oumalou connaît également un développement dans ce sens, à travers plusieurs apiculteurs qui ont déjà connu le succès de la réussite, à l’image du jeune Guechida, du village de Tablabalt. Ce jeune ingénieur agronome gère pas moins de 500 ruches depuis des années. Il est même devenu un exemple de notoriété dans cette branche à travers le territoire national.
Sa participation à diverses manifestations agricoles lui a valu l’obtention de plusieurs prix ainsi que des félicitations et des encouragements. Pour d’autres éleveurs, ils disposent en moyenne de 20 à 100 ruches productrices, de miel, et si la pluviométrie est importante, comme c’est le cas cet hiver, une ruche peut largement produire jusqu’à dix (10) litres de miel et cinq (5) essaims pour celles destinées à cet effet, ce qui est loin du rendement en miel obtenu par les éleveurs français, selon un apiculteur, et qui est de quarante (40) litres et par ruche. Cette activité demande néanmoins du suivi et beaucoup de temps et nécessite un matériel varié, jugé onéreux par la plupart des apiculteurs que nous avons rencontrés. Une ruche armée vide d’essaim coûte entre 5 000 et 6 500 DA, un (1) kg de cire gaufrée coûte entre 600 et 650, une ruche doit être dotée d’environ un kg de cette matière pour permettre aux abeilles de produire leur propre cire. Des cadres à 50 DA l’unité, le sucre à 45 DA le kg, sans omettre l’extracteur à moteur dont le prix varie (selon la qualité) de 35 000 à 50 000 DA.
Sur le plan sanitaire, pour traiter cinq (5) ruches en moyenne, contre les différentes maladies des abeilles annuellement, l’éleveur doit débourser, nous dit-on encore, pas moins de 1 500 DA. Le montant peut varier par rapport au nombre de ruches à traiter. Pour l’activité elle-même, la saison hivernale allant de décembre à mars est réservée au nourrissement des abeilles. Le montage des hausses, la surveillance des ruches et de leurs essaims se fait pratiquement durant la période de mars. Jusqu’à la récolte du miel qui se fait dès la première semaine de juillet. La vente de la production du miel s’opère généralement au niveau des coopératives apicoles des wilayas de Tizi Ouzou et de Boumerdès. Même si cette activité paraît aux yeux de quelques jeunes « aventuriers » de lucrative, il n’en demeure pas moins que beaucoup ceux parmi eux qui ont laissé des plumes et se sont retrouvés dans des situations conflictuelles vis-à-vis des services agricoles. Toutefois, cette activité nécessite à la fois un savoir-faire mais aussi et surtout, un suivi rigoureux et malheureusement ce n’est pas souvent le cas.
Des dizaines de promoteurs agricoles ayant failli à leur mission, se sont vus ces derniers jours adressés par le biais des huissiers de justice des mises en demeure. Ils sont invités soit à réactiver, soit simplement à rembourser les services étatiques agricoles. Les plus crédibles finissent à la barre, devant les tribunaux.
S. K. S.
