L’écrivain a obtenu le prix Goncourt des lycéens 2007. Pour cette œuvre, il a inauguré aussi la nouvelle collection baptisée Laurier des éditions Sedia.
L’enseignant, scénariste et écrivain, Philippe Claudel, est considéré comme l’un des meilleurs auteurs contemporains.
Depuis son premier roman, Meuse l’oubli, paru en 1999, l’auteur enchaîne les succès littéraires : J’abandonne en 2000, qui lui a permis de recevoir le prix « France Télévision ». Il relie avec « Le bruit des trousseaux » tiré de son expérience de professeur de français dans les prisons, puis Les petites Mécaniques qui étaient récompensées par la bourse Goncourt de la nouvelle en 2003, avec ses Âmes grises, œuvre unanime reconnue par la critique. Philippe Claudel est lauréat du prix Renaudot en 2003. Il publie encore trois petites histoires de jouets et La petite fille de monsieur linh en 2005. Il revient l’année suivante avec Le monde sans les enfants, dans lequel il aborde la maltraitance, la guerre et la mort.
En outre, le romancier et amateur du cinéma s’est orienté vers le septième Art où il a eu un petit rôle dans le film Il y a longtemps que je t’aime, dont l’histoire est tirée de son roman. La petite fille de monsieur linh qui a entre autres été adaptée au cinéma et qui sera projeté prochainement en France. En outre, Les âmes grises sera aussi adapté au cinéma. Sur ce dernier, l’auteur a déclaré qu’il a fait quelques modifications sur les personnages, en diminuant le nombre de ces derniers. Par ailleurs, pour ce qui est de l’histoire de ce roman, Le rapport de Brodeck, c’est une histoire qui se déroule durant la Deuxième Guerre mondiale. Le métier de Brodeck n’est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l’état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, le traitement du courrier se fait mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore. « On ne te demande pas un roman, c’est Rubi Gott, le maréchal du village qui a parlé, tu diras les choses, c’est tout, comme pour un de tes rapport ».
Brodeck accepte au moins d’essayer, comme dans ses rapport donc puisqu’il ne sait pas s’exprimer autrement, mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d’accord. Tout le village, tous les hameaux des alentours. Brodeck est consciencieux à l’extrême, il ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il veut retrouver la vérité qu’il ne connaît pas encore, même si elle n’est pas bonne à entendre. Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien ; je tiens à le dire ; il faut que tout le monde le sache. Moi, je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer, mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. j’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir ; ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela ; on s’embrouillerait, mais toi tu diras et alors ils te croiront. » L’histoire de ce roman se situe entre le passé et le présent. Sa narration est menée à la première personne du singulier.
En outre, elle est considérée comme une prolongation de Les âmes grises et La petites fille de monsieur linh.
Répondant à une question relative à la timide parution de l’auteur sur les chaînes de la Télévision, il a révélé qu’il refuse les apparitions à la télévision pour épargner les tourments des admirateurs dans la rue « Je préfère surtout la radio et les journaux que de paraître sur les Chaînes de la télévision ; c’est pour être discret et rester dans l’ombre », a-t-il avoué.
Le romancier affirme par ailleurs que les histoires de ses romans sont toutes basées sur l’imagination : « Je ne me sert jamais de ce que je vois et ce que je passe dans la vie, je me base sur l’imagination ».
C’est un genre de kaléidoscope qu’il invente, « le vrai narcissisme ». Claudel aime écrire sur les hommes, sur les gens du commun, la beauté et la fragilité de nos existences, l’implacable réalité de la vie, mais toujours avec optimisme. Pour lui, les moments d’écriture ne dépendent pas de lui mais des livres. Quant à sa relation avec la littérature magrébine, il a déclaré que la littérature algérienne écrite en langue française à une bonne présence en France. « J’ai eu des rencontres avec quelques auteurs algériens tel que Yasmina Khadra. J’ai une grande appréciation pour ces auteurs », a-t-il dit.
Le rapport de Brodeck est disponible en Algérie, chez les éditions SEDIA, en collaboration avec l’établissement Arts et Culture. Le prix de l’ouvrage est à 800 DA.
Kafia Aït Allouache
