L’ampleur de cette pathologie chronique et incurable s’est considérablement accentuée ces dernières années avec — fait inédit — une incidence de plus en plus marquée du diabète non insulino-dépendant (DNID) chez l’adulte jeune, alors que d’ordinaire, ce type de diabète ne se manifeste qu’après la quarantaine. « Nous traitons un patient atteint du diabète de type 2, âgé de 24 ans seulement », nous confirme Dr Aït Ali, de la maison du diabétique d’Akbou, pour illustrer cette tendance.
Quant aux raisons de la progression alarmante de la maladie, elles tiendraient au fait que de plus en plus de populations vivent dans les villes et ont adopté, par conséquent, des modes de vie aggravants, tels que la restauration rapide, le stress et la sédentarité.
« La création de ces maisons du diabétique participe du souci d’apprendre au malade à gérer son mal et, partant, contribuer à son intégration tant sur le plan médical, psychologique ou social », soutient un responsable de la santé publique d’Akbou. L’expérience de la maison du diabétique est, à cet égard, positive à plus à plus d’un titre. L’établissement qui fonctionne avec un médecin généraliste, un infirmier et une secrétaire médicale offre aux 1880 malades répertoriés diverses prestations. Ainsi, consultations médicales, prescriptions, insulines et soins infirmiers sont gracieusement dispensés.
La structure assure également l’hôpital de jour. L’établissement de cartes de malades chroniques permet aux diabétiques de se procurer sans bourse délier leurs médicaments auprès des officines conventionnées avec la CNAS.
La prise en charge du malade dans la maison du diabétique d’Akbou s’appuie, d’autre part sur la thérapie de groupe, l’hygiène de vie et l’éducation sanitaire. Celle-ci vise à faire prendre conscience au malade que le diabète, pour peu qu’il soit équilibré, n’est pas incompatible avec une vie normale. « Hélas ! déplore Dr Aït Ali, beaucoup de malades pèchent par manque de discipline, soit par manque de moyens ou trop attachés à leurs habitudes alimentaires ». Notons enfin qu’un nombre appréciable de malades suivis par la maison du diabétique d’Akbou présentent une pathologie associée, telle que l’hypertension artérielle, l’insuffisance rénale chronique ou l’insuffisance cardiaque.
N. Maouche
