La Dépêche de Kabylie

Engouement pour l’élevage

La localité de Draâ Sachem, située à quelques encablures de la ville de Draâ El Mizan, est une région agricole. C’est dans cette vallée de Draâ El Mizan que nous nous sommes rendus. Chacune des maisons de ce village possède son étable. Les habitants de Draâ Sachem ne vivent que de l’agriculture et de l’élevage. Dans tous les champs par ces journées ensoleillés de février, on peut admirer les troupeaux de vaches a broutent l’herbe nouvelle. Chaque famille possède ses propres bêtes. L’élevage le plus dominant est celui des bovins, suivi par les ovins. « On n’a rien pour vivre, il faut avoir un petit capital pour démarrer », dira un ex-jeune chômeur. Certes, les terres existent, mais les agriculteurs n’ont pas les moyens pour les cultiver.

« La semence est les autres frais nous reviendront trop cher. Et puis, il n’est pas donné à n’importe quel maraîcher de planter par exemple de la pomme de terre. L’année dernière fut ma dernière expérience dans ce domaine. J’ai tout perdu suite au mildiou », nous a signalé un maraîcher. Des jeunes n’ayant pu décrocher aucun emploi ont lancé leur petit élevage. « Nous rencontrons des problèmes pour vendre par exemple le lait, car il nous faut un certificat sanitaire, pour l’obtenir, il y a des conditions à satisfaire », déplore un jeune. Or, lors de la journée organisée l’an dernier pour sensibiliser les éleveurs sur l’obtention dudit certificat, les responsables de l’agriculture n’ont ménagé aucun effort pour leur faciliter l’obtention de ce document ô combien indispensable. Pour écouler le lait, ces petits éleveurs le proposent aux particuliers à raison de trente dinars le litre juste avec cinq dinars de plus que le sachet de lait pasteurisé. Si les petits éleveurs sont en butte à ce problème, cela ne veut pas dire qu’ils vivent heureux. « Il ne faut pas oublier aussi que ces dernières années, des maladies sont apparues si bien qu’il y a des éleveurs qui ont perdu plusieurs têtes », a remarqué un autre intervenant. Interrogé sur l’assurance de leur cheptel, notre interlocuteur nous a répondu par la négative. Effectivement, bien qu’il existe une agence de la CRMA à Draâ El Mizan, les paysans ne possèdent pas encore la culture de souscription à une assurance. Alors que pour l’élevage ovin, il nous a fait remarquer que celui-ci est aussi important car les éleveurs n’ont pas besoin d’un grand capital. Il suffit d’avoir quelques brebis et le troupeau se constitue peu à peu au fil des ans. Nos interlocuteurs notent que l’investissement dans ce créneau est le plus prisé. En outre, les habitants de Draâ Sachem arrivent tout de même à vivre grâce à leurs potagers. Tous les intervenants ont lancé un appel aux responsables de l’agriculture afin d’assouplir les démarches administratives en vue de bénéficier d’aides pour lancer des élevages plus importants.

Amar Ouramdane

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