Le mois le plus attendu en matière de pluviométrie, c’est-à-dire janvier, s’est achevé avec un taux de pluie bien en-deçà de la norme saisonnière. Le blé a à peine poussé. Quant aux cultures maraîchères, nombreux sont les maraîchers qui hésitent à investir dans ce créneau. Effectivement, quand on sait qu’aujourd’hui le prix de revient d’un kilogramme de pomme de terre de semence a atteint cent dinars, crainte réticence est amplement justifiée. A cette cadence, c’est-à-dire la cherté de la semence d’une part et le manque de pluie de l’autre, des centaines d’hectares seront restés en jachère. Les barrages conçus spécialement pour l’irrigation, remplis à moitié d’eau et à moitié de boue, ne peuvent être utilisés comme alternative. « Les réserves sont limitées. Il est impossible d’assurer une irrigation normale car elles ne sont pas renouvelées », pense un agent de vulgarisation agricole. De leur côté, les agriculteurs n’ont pas de moyens pour irriguer leurs plantations. « En plus de toutes les charges inhérentes à cet investissement, on doit avoir une tuyauterie. Impossible d’avoir des bénéfices. Et puis, je n’oublierai jamais le mildiou qui a ravagé mes plantations », nous confie un maraîcher de Draâ El Mizan. Pour un céréalier, la saison serait sauvé si des pluies salvatrices tombaient au cours du mois de février et le mois de mars car pour lui ces eaux viendraient à point nommé sauver les tiges avant la naissance des grains, puis leur maturation qui interviendrait au printemps. « Ce n’est pas encore perdu. Actuellement, le blé a poussé. Il y a même des champs où il commence à former des tiges robustes. En tout cas, il y a toujours espoir », note un autre agent de vulgarisation agricole. Si l’inquiétude est du côté des agriculteurs, cela ne veut pas dire que les autres citoyens ne redoutent pas un été difficile en matière d’alimentation en eau potable, car à défaut d’un grand barrage l’alimentation en eau potable n’est assurée qu’à partir des forages de la région, conditionnée par la régénération des nappes phréatiques. Nombreuses sont les personnes qui comparent la situation qui y prévaut ces derniers jours à celle vécue l’an dernier à ce moment précis de l’année. Pour les agriculteurs, l’espoir est toujours de mise en attendant des jours meilleurs. « L’an dernier, c’était le même cas, mais il a plu énormément durant les deux derniers mois de la saison. C’est ce qui a sauvé quelques cultures mais qui a été à l’origine de la non-abondance d’autres, telle la récolte oléicole », pense un autre agent de la vulgarisation agricole auquel nous avons demandé son avis. En tous cas, ce n’est pas encore alarmant car nous ne sommes qu’au début du mois de février.
Amar Ouramdane
