«Paramédicaux en grève », lit-on sur la banderole, à proximité de tous les établissements et structures hospitaliers de la capitale. Aux hôpitaux Drid-Hocine et Parnet, relevant de Hussein Dey, que nous avons visités, le mot d’ordre de grève a été suivi à la lettre, selon les échos recueillis.
« Pour le moment, il y a une mobilisation totale. Le service minimum étant assuré pour ne pas pénaliser les malades. Espérons que les autorités comprendront nos revendications légitimes », …
«On revendique un statut et un régime indemnitaire à la hauteur de notre tâche quotidienne », « qui soignera notre statut?», «On recrute à bac+3, les trois ans ne suffisent plus. Il faut revoir la formation, ouvrir des postes de spécialité…On nous a parlés brièvement du LMD, on souhaite l’appliquer… Les capacités d’encadrement existent…Il n’y a pas d’évolution. Je ne laisserai jamais mon enfant faire cela ; l’ancien mode de recrutement est normalement révolu. », sont les propos, entre autres, échangés avec Zineb, Azzou, Mustapha et leurs camarades exerçant à l’hôpital Parnet, tous réunis dans l’enceinte de l’hôpital où la blouse blanche dominait visiblement. Même topo à l’hôpital Drid-Hocine où notre arrivée provoqua un regroupement. « Pourquoi plafonner un infirmier à la catégorie 10, avec un niveau bac+3,…est-ce normal de percevoir 10 000DA. C’est des miettes. Avec 20 ans de …misère en psychiatrie, on est à 23 000DA », « le LMD marche bien ailleurs, ici, le ministère le refuse ! C’est par ce système qu’on pourra ouvrir des perspectives de promotion », « qui a négocié les statuts? C’est l’UGTA ! Qui n’est nullement représentative. » Nous déclarent les paramédicaux. « Toutefois, on nous a refusés l’accès aux services, sous pretexte que le directeur est occupé et qu’il nous faut une autorisation du ministère. On est decu par le ministère de la tutelle», dira Ghachi Lounes, coordinateur du syndicat agréé des paramédicaux, lors du point de presse qu’il a tenu à son retour de la cour de justice de Ruisseau. Qualifiant la grève d’illégale, sous prétexte qu’il fallait déposer le préavis de grève auprès des ministères de la Santé et du Travail, alors que la loi 90 /14 n’a pas changé, « le ministère nous a attaqués en justice », expliquera-t-il. Et d’ajouter dans la même foulée : « Pour les syndicalistes de L’UGTA, il n’y a pas eu ponction de salaire, pour les syndicats autonomes qui sont, par ailleurs, représentatifs ; on l’applique… On acceptera pas cela », et d’enchaîner : « Ils nous ont sous-estimés, ils se trompent ; le taux de suivi est évalué à plus de 90% aujourd’hui. » Par ailleurs, il annoncera que la grève est gelée par décision de justice, tout en précisant « On a décidé par nous-mêmes d’arrêter la grève, dans 15 jours, on rebondira.
Le conseil national décidera la reprise de la grève cyclique. » S’agissant du délégué de Bab El Oued, il dira que « verbalement, on nous a promis la levée de sa suspension. » En marge du point de presse qu’il a animé au siège de son syndicat (SAP), Ghachi Lounes nous a accordé le bref entretien ci-après.
Ahmed Kessi