Ya ddin uqabac !

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De retour d’Octobre 1988, le SG1 de Ait R’gad yesrafeg pour Alger de 1962.

Le soleil est au zénith en ce cinq juillet. La Place des Martyrs est le réceptacle du peuple en liesse. « Tahia ljazayer !…Tahia ljazayer… « , s’égosille le peuple en croyant très fort que d sseh ad tehyu ljazayer. Les youyous fusent de partout. Des milliers de femmes laissent tomber leurs haïks pour se draper de vert, blanc et rouge. Ajelbab n’était pas encore né. Ali Benhadj non plus.

 » Ya ddin uqabac ! « , laisse échapper le vieux Dezdeg en essuyant une larme. Lui, Sadiya et Kaci avaient convenu d’aller voir Ben Bella, le GPRA et le FFS, encore en gestation, mais ils ont décidé de flâner dans les rues d’Alger, de vivre en direct et en vrai la plus belle fête de l’histoire n tmurt. Les Algériens, ceux qui ont subi la misère n fafa, dansent, chantent, rient et pleurent. Pendant ce temps, wiyad, les virus-nni, les moudjahidin n yimiren, ttgabaren les fermes et les villas des colons. Une poignée de redresseurs (ih, c’est un vieux concept) ttheggin déjà un coup d’Etat militaire, scientifique et tactique.

Vers minuit, Sadiya, Kaci, et Dezdeg sont dans le bureau de Ben Bella. Le Président est en communication avec Djamel Abd Nacer :  » Na3em, adjal ya sidi… kama tara ya sidi raïs…wa hewa kadalika …la chekka fi dalika : El djazayer biladuka… « . Ben Bella raccroche, se dirige vers une armoire d’où il sort un maillot, un short et un soulier à crampons. Sadiya fait le tour du propriétaire, Kaci l’angoisse fouine dans les tiroirs du bureau, le vieux Dezdeg salue el raïs :

– Azul mass Ben Bella !

– Qui parle ? Où es-tu ? c’est quoi cette langue ?

– Ana, c’est Dezdeg wa lughati tamazight. Je viens de 2008 min qaryet Ait R’gad fi mentiqet el qabayel…

– Nehnu 3areb, nehnu 3areb, nehnu 3areb….ayna anta ?

– Impossible tarani, ya sid raïs. Disons que je suis la voix nta3 ljazayer li degdegtu…

Le raïs s’approche du téléphone, décroche et : « Allô ! jibuli tout de suite un taleb. Lbiru rahu meskun »

Le vieux Dezdeg sort sa boite n cemma n nghid, réfléchit un coup et trouve que tamurt gagnera encore plus, s’ils partent à la rencontre n yergazen-nni d tlawin-nni : Hassiba, Ben Boulaid, Abbane, Boudiaf, Ferhat Abbas, Didouche…

* Tamacint n zman tfat

Lheq n rekba necca-t

Ansib wis ma gh-yessiwed

P.-S. : Inig dans le temps est une histoire vraie. Toute ressemblance avec la fiction n’est que pure coïncidence.

T.Ould Amar

t.ouldamar@yahoo.fr

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