C’est avec un grand soulagement que la population a accueilli les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région ce week-end. En effet, et selon les agriculteurs approchés, il aurait suffi d’une semaine de plus de sécheresse et cela aurait été la catastrophe pour l’agriculture en général et le cheptel en particulier car les réserves d’aliments de bétail (foin et paille) étant épuisés, la survie du cheptel dépend désormais des pâturages, or la longue période sans pluie et surtout marquée par une hausse sensible des températures a freiné plutôt « sec » la croissance végétale. Ainsi, les pâturages d’habitude bien fournis à partir de la mi-décembre sont aussi nus que le dos de la main, une désespérante situation qui n’a pas échappé aux spéculateurs qui ont raflé tout l’aliment de bétail au niveau des marchés pour le revendre quatre à cinq fois son prix une fois la pénurie bien installée. Pour une fois, le ciel a carrément faussé les calculs de ces vampires qui guettent la moindre occasion pour écorcher vif les petits éleveurs. Dans une semaine tout au plus, les parcours de pâturage fourniront assez d’herbe aux animaux : la terre étant déjà réchauffée, la croissance végétale reprendra rapidement. Nul besoin donc pour les éleveurs d’acheter du fourrage à des prix exorbitants. « Tel est pris qui croyait prendre », les spéculateurs se retrouveront avec d’énormes quantités d’aliments de bétail qu’ils n’arriveront plus à écouler, même au prix d’achat : c’est ce qui s’appelle « La justice du ciel ». Les forces divines compensent ainsi une défaillance des services de l’agriculture qui ne font qu’assister aux calvaires des petits éleveurs qui affrontent seuls les conditions des épidémies qui déciment d’une manière répétitive leurs maigres troupeaux.
Omar Soualah
