Pire encore, cette cité s’est transformée en un véritable bidonville au cœur même de Béjaïa. D’après le programme présidentiel, il devrait être rasé d’abord, puis classé comme patrimoine historique de “Yemma Gouraya”.
Plus connue sous le nom de “Numéro 27”, la cité des Eucalyptus était le lieu où les pratiquants faisaient en plein air la prière de “Leïlat El Qadr”.
Parlons maintenant de l’état lamentable dans lequel se trouve ce quartier historique : Avant tout, ce qui est inacceptable, c’est que la cité des Eucalyptus n’a jamais connu de travaux d’assainissement depuis l’Indépendance. Il est vrai que les Français n’avaient construit ce quartier, durant les années 50, que pour recaser les habitants du précédent bidonville. Ce qui veut dire que son existence devait être… provisoire et aujourd’hui, ses habitants en sont à… la quatrième génération !
A l’Indépendance aucun P/APC, depuis cette date à ce jour, n’a pensé, ni à la démolir, ni à l’assainir. Ce qui nous fait dire que tous les élus qui se sont succédé à l’APC de Béjaïa ont adopté l’opération du “provisoire” devenu “éternel”, il faut néanmoins signaler que le quart de ces habitations ont été rasées durant les années 80. Certains disent que c’est les “habitations” où logeaient les élus de l’époque qui ont été rasées. En plus de ce statut provisoire devenu éternel de la cité des Eucalyptus, les risques naturels ne se comptent plus. En effet, chaque hiver, les habitants vivent la peur au ventre par crainte des inondations. Il faut dire que le syndrome de 1968 est toujours vivace dans leur mémoire. Cette année-là, il a fallu l’intervention de la Protection civile pour sauver des vies. D’ailleurs, malgré cela, des pertes humaines avaient été enregistrées. Depuis cette année, les inondations surviennent sans, pour autant, que les autorités daignent intervenir.
Comme si cela ne suffisait pas, le prétendu marché, qui s’y trouve, n’est plus qu’un lieu de débauche, tous fléaux sociaux confondus. Inutile de signaler, par ailleurs, que la majorité des résidants sont atteints de maladies chronique tels l’asthme ou encore les rhumatismes. De leur côté, les habitants de la cité des Eucalyptus n’ont jamais cessé d’interpeller les élus qui se sont succédé à l’APC de Béjaïa, et cela, en épuisant toutes les voies légales. Phénomène devenu banal en Algérie, lors de chaque campagne électorale, les habitants de ce quartier reçoivent des “pluies de promesses”, la suite est connue et ce n’est malheureusement pas spécifique à “Yemma Gouraya”.
Actuellement, et durant tout ce temps, les “habitations” se sont dégradées et le quartier est en état de détérioration avancée. Et dire que quatre générations y ont passé leur vie… sans pour autant que leur situation ne s’améliore. Toutefois, la génération actuelle des habitants de la cité des Eucalyptus continue à espérer que les nouvelles équipes dirigeantes de la capitale des Hammadites, APC et APW, finiront par se pencher sur leur cas, d’autant plus que, dans leurs programmes, les problèmes cités devraient être résolus de façon définitive. En tout cas, concernant la démolition de la cité des Eucalyptus et le recasement de ses habitants, ces derniers y croient dur comme fer et font confiance aux nouveaux élus. Le devenir de ce quartier historique, patrimoine de “Yemma Gouraya” reste la grande inconnue.
Tarik Amirouchen
