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Ces faubourgs oubliés

Ceux qui fréquentent le CW 98 reliant la localité de M’Chedallah à celle de Semmache, voire plus puisque cette route reste largement usitée pour se rendre vers Tikjda, peuvent aisément remarquer, en particulier vers les fins de journées, ces groupes de jeunes qui s’adonnent à la pratique des nombreuses activités sportives en plein air.

Ils peuvent remarquer aussi la volonté pour certains d’entre eux de se dégourdir un peu les jambes par la pratique de quelques sports collectifs.

Seulement, au regard des moyens dont disposent ces jeunes ou des endroits où ils exercent leur sport favori, il ressortira d’une simple observation que cette tranche juvénile est laissée pour compte par les pouvoirs publics, sinon comment imaginer une simple parcelle de terre battue, non emblavée, du reste enclavée entre quatre chemins, servant de stade (au niveau de la localité de Semmache commune El Adjiba) pour ces jeunes qui le moins que l’on puisse dire d’eux, prennent la chose aussi sérieusement que possible.

Pour preuve, à chaque match organisé en fin de journée on constate qu’ils portent leur tenue de sport la plus réglementaire possible (maillot, short et souliers). La présence des spectateurs leur donne la hargne de gagner… On comble cette carence de moyens par une volonté incommensurable, voire un amour pour la pratique d’un sport qui reste une des rares distractions pour le moment en l’absence d’autres sites éducatifs ou culturels qui prendraient le dessus sur le jeu de cartes et dominos dans des cafés…

Mais tel n’est pas aussi la distraction que tout le monde aimerait pratiquer pour des raisons morales pour certains ou et financière pour d’autres.

La même scène a été rencontrée au niveau de la petite contrée de Hagui (cne Adjiba) où les jeunes ont défié toutes les carences en y aménageant une petite cour d’un épicier pour y installer les filets et y pratiquer le volley ball. En quittant de quelques enjambées la localité de Beni Yekhlef

( M’chedallah), la rage de pratiquer le football avait poussé les bambins à aménager une parcelle de terre même si les quelques arbres limitrophes gênent énormément pourvu que la partie soit organisée.

à la localité d’Ahnif, ces jeunes en particulier ceux de Cheikh El Left, leur propre

“5- Juillet” reste celui qu’ils ont aménagé au lieu dit “eucalyptus”, au bord de la RN05, faute d’une aire de jeu.

Le malheur dans toute ces histoires est que certaines aires de jeux furent soit construites dans des endroits inadéquats, soit elles sont trop éloignées des habitations, soit en fin de compte en nombre insuffisant au regard du nombre de jeunes qui désirent y oublier la monotonie quotidienne ou fuir carrément les autres fléaux sociaux (drogue, alcool) qui sévissent à grande échelle au sein de ces différentes localités.

Entre-temps ces jeunes férus de la pratique d’un quelconque sport continuent de le faire, abstraction des contraintes, loin des préoccupations majeures soit des pouvoirs publics ou des instances électives.

Espérons que dans le futur ces activités sportives et culturelles seront prises en charge. Et qui sait, si au sein de cette manne juvénile il n’y a pas des futurs grands sportifs. Il suffit de leur accorder plus d’attention !

Messaâd K

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