« Je refuse d’être une femme d’une demi-journée »

Because les intempéries et l’avènement n tmeghra n tbannagin, Sadiya, Kaci et Dezdeg ont décidé ad qimen at home. Tamacint n zman ne voyagera pas cette fois-ci. Le vieux Dezdeg a rejoint son F2 aménagé en F6. Kaci l’angoisse, lui, atan di lbiru, en discussion avec le collectif n tlawin n At R’gad dont Sadiya n l’euro. Ils concoctent un programme pour le huit meghres. Il est question, entre autres, d’élire Miss At R’gad. Pour ce faire, un jury composé de setta temgharin est désigné.

Reste à se mettre d’accord sur les critères de sélection à retenir. Avant qu’il ne rentre à Alger, le vieux Dezdeg avait été interrogé par Sadiya :

– Wa da Rezqi, on va élire la rose n at R’gad. Tu veux bien nous aider ?

– Amek, la rose ! mais je ne suis pas un imbécile.

– Je ne te comprends pas

– Eh bien, le premier qui compara la femme à la rose était un poète, le second était un imbécile.

– Je te pardonne Rezqi. Je sais que tu ne penses pas ce que tu dis.

D sseh Dezdeg est ‘’aigri ». Chaque huit mars c’est pareil : il est envahi par le souvenir de Tasaadit, sa femme qu’il perdit en 1967. Pour le vieux, à part elle, ulac les roses.

Sadiya aligne les sept postulantes à miss At R’gad et leur demande : « Vous êtes prêtes à déambuler en bikini ? ». Les sept filles n’en reviennent pas. Elles ramassent leurs sacs contenant les robes kabyles et s’apprêtent à claquer la porte.

– Ihuh, c’était pour rire !, les rassure Sadiya.

– Moi, je suis prête à me présenter en bikini devant le jury, réplique la candidate n texlijt n wadda.

– Ameeeeeek !?

– Oui, 3yiigh si tqendurt n leqbayel !

– Ih a na Sadiya ! Et en plus, j’exige que le jury soit composé d’hommes, de jeunes hommes. Macci imgharen !

– …le3qel-im a yelli ! je n’arrive pas à te suivre.

– D’ailleurs, je boycotte la manifestation. Je refuse qu’on m’exhibe le huit mars.

– D acu-t wa ? c’est un soulèvement ?

– Semmi-as akke m-yehwa ! nek, je refuse d’être une femme d’une demi-journée.

Sadiya retrouve chez la jeune candidate sa fougue d’antan, asmi yetterdeq webru3-is. Asmi akken tcennu s teqbaylit, s lqed uqerrus-s : « Je t’aime moi non plus ».

T. Ould Amar

t. ouldamar@yahoo. fr

* Présence d’une femme à l’entour,

Euphémisme du mot amour,

Divine création, ma moitié,

En mon âme toujours alliée,

Mon regard sans cesse étonné,

Sensations par son corps crées,

Parfois si fragile, enfant,

Souvent nous désoriente, pourtant,

Intuitions souvent justifiées.