Et maintenant ?

Tous ceux qui étaient présents à l’hommage rendu, jeudi dernier, aux médecins et infirmières durant la Révolution, ont mesuré à sa juste valeur l’apport des Algériennes à la libération de leur pays et aux sacrifices qu’elles ont consentis. A l’image de ces vieilles dames, au verbe encore vif et à l’esprit lucide, on ne peut s’empêcher de constater la grande injustice, voire la trahison que la nation fait aux femmes.

Des énergumènes, sortis on ne sait d’où, nous expliquent aujourd’hui que l’émancipation de la femme ne saurait avoir lieu au regard des préceptes religieux et / ou des pesanteurs sociales.

Les aînés de ces illuminés, faut-il le rappeler, ont tenté de composer avec les forces coloniales en se contentant d’une politique assimilationniste au moment où les révolutionnaires-nationalistes avaient décidé de se lancer dans la lutte armée afin de libérer le pays. La femme algérienne en tant qu’être social n’a pas besoin de tuteur, encore moins de tuteur idéologique, elle dont l’idéologie a mené à l’Indépendance. La femme algérienne a besoin que la nation toute entière reconnaisse ses sacrifices consentis pour un idéal. Malgré les aménagements apportés par le président de la République au code de la famille, le statut de nos mères, sœurs et épouses demeure bien en deçà de leurs espoirs, luttes et aspirations. Le développement d’un pays ne peut être confiné à une dynamique économique ou à un quelconque niveau technologique. Tant que les citoyens, tous les citoyens, ne jouissent pas des mêmes droits et devoirs, le pays ne saurait se projeter dans l’avenir.

Consacrer dans les textes de la République, l’égalité entre les hommes et les femmes serait d’un côté rendre justice aux combats et sacrifices des femmes, et de l’autre placer l’Algérie dans le giron des pays en voie de développement durable, puisque basé sur l’équité, l’égalité et la justice.

Aucun machisme ou conservatisme ne saurait justifier le statut de second collège dans lequel on confine la femme depuis des années. Ces hommes qui continuent de justifier une telle situation ont-ils fait le millième de ce qu’ont fait les Djamila Bouhired, Louizette Ighil-Ahriz ou autre Khalida Toumi pour la libération du pays pour les unes et sa démocratisation pour les autres ?

C. A