Colère devant le siège de la daïra

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Les employés et autres fonctionnaires de la daïra de Bechloul sont montés au créneau hier samedi pour observer une journée de protetstation. Ces derniers viennent d’adresser une requête au wali de Bouira, dont une copie nous est parvenue, dans laquelle ils ont dressé un constat des plus sombres sur les conditions de travail et l’attitude du chef de daïra envers son personnel. A 8h précises, les protestataires se sont regroupés devant la porte d’entrée de cette institution, refusant ainsi de rejoindre leur bureau. Ils ont placardé presque tous les murs avec des affiches où on peut lire  » Non à la Hogra « , « Non à l’exclusion », « Non à l’intimidation » et puis encore  » Non à la bordélisation de la daïra ». Une longue liste d’accusations a été établie dans laquelle est associée la question des mœurs. A cet instant, seuls les employés grévistes se sont regroupés devant le siège de cette daira. Après s’être entretenu avec certains de ces protestataires, dont figure le secrétaire général de cette même institution mais qui, lui, a refusé d’apporter son témoignage par dit-il »droit de réserve », nous nous sommes rendus au bureau du chef de daïra qui nous a reçus. En réponse à toutes les accusations dont il fait l’objet, ce dernier nie en bloc tout ce qu’on lui reproche. A la question des sanctions jugées « abusives » par ses employés, ce dernier nous apprend qu’il est là pour appliquer la loi, et il ne peut en aucun cas tolérer les retards. Et celà, ajoute-t-il, n’interviendra qu’après le troisième questionnaire. Pour lui, la rigueur est une condition sine qua non dans le travail. « Je dois mériter mon salaire » nous dit-il. L’autre point soulevé par les grévistes est relatif à la réception de ce responsable dans son bureau d’un public exclusivement féminin. Notre interlocuteur -a, en guise d’arguments- nous a montré des demandes d’audience remplies par des hommes qu’il a reçus au courant de la semaine écoulée. L’interrogeant sur sa réaction par rapport à cette action, le chef de daïra accuse son secrétaire général d’être le manipulateur de ce mouvement. Il nous a montré à cette occasion une chaîne ramenée par un employé pour sceller les portes de cette institution. Aux environs de 9h, des citoyens rejoignent le lieu de la protestation pour soutenir les grévistes. Quelques minutes plus tard, la foule s’agrandit et le rassemblement tourne au vinaigre. On réclame le départ du chef de daïra. Des dizaines de citoyens, parmi eux, des vieux, réclament haut et fort la détrônisation de ce responsable. Au milieu de la foule, on entend que la question des mœurs. Chacun apporte son propre jugement. Les services de sécurité ont eu du mal à maîtriser la situation. Ils sont quand même parvenus à empêcher la foule surexcitée à rejoindre le bureau du responsable. L’arrivée sur les lieux des responsables du syndicat du SNAPAP n’a pas convaincu les citoyens. L’affaire est alors prise en main par les citoyens eux-mêmes, isolant ainsi les initiateurs du mouvement à savoir les employés de cette daïra. Le temps passe, les gens deviennent de plus en plus excités. A 10h30, la foule défonce les portes et se rend au bureau du responsable situé au premier étage. Il a fallu l’intervention des éléments de la police anti-émeute pour dissuader les manifestants à quitter les lieux sans qu’aucun dégât matériel soit-il ou humain n’est à signaler. On ne cesse de réclamer le départ du chef de daïra ! A 11h, le chef du cabinet du wali arrive sur les lieux. Il a tenté de s’adresser à la foule, cette dernière ne veut entendre aucun discours. Mais, il est parvenu quand même à convaincre l’assistance à quitter les lieux tout en leur promettant que leurs revendications soit satisfaites. N’était-ce l’intervention des sages, un groupe de jeunes a investi la RN 5 pour l’obstruer. Ces sages ont de leur côté convaincu ces jeunes en colère à renoncer à leur action. Et ce n’est que vers midi que la foule a quitté les lieux de la protestation laissant ces employés tenir une réunion avec le chef du cabinet du wali.

M.Smail

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