L’épisode de la répression contre les Berbères marocains enclenchée par la police de Sa majesté le roi Mohamed V, et ce depuis bien longtemps, n’est pas près de s’estomper. Ainsi, après la sauvage répression et les arrestations abusives opérées parmi les rangs des étudiants militants, le régime monarchique marocain actionne sa machine répressive contre les habitants de Bumal n Dades et de Asif n Dades. Comme nous l’avons signalé dans nos précédentes éditions, le Makhzen a mis en branle sa machine judiciaire pour bien mener sa compagne d’éradication du fait amazigh au Maroc en prononçants de lourdes peines contre les manifestants. Ainsi le 21 février écoulé, » après plus de 13 heures de jugement, le délibéré à été prononcé à 20h « , précise une source au fait de cette affaire. La même source a ajouté que » dix détenus berbèristes ont été condamnés par le tribunal de la ville de Warzazate, à un total de 34 ans de prison « .
Ces condamnations font suite à l’affaire » du soulèvement noir Tagerst n imazighen de Bumal n Dades que Asif n Dades le 6 janvier passé « .
Les noms des neufs détenus auquel s’ajoute un mineur ont été présentés devant le juge d’instruction du tribunal d’appel de Ouarzazate le 8 janvier, soit deux jours après leur arrestation.
Les sentences prononcées par la justice du Roi ne sont pas sans atteintes aux droits humains. En effet, le jeune garçon, Noureddine Adjik, natif en 1990 du village Ait Boualllal, est condamné à 2 ans de prison ferme. Cette condamnation constitue à elle seule une grave atteinte aux conventions internationales régissant la justice en matière de condamnation des mineurs. Ce jeune garçon qui connaîtra dès cet âge les geôles du régime marocain, se souviendra immanquablement que le chemin vers la liberté au pays de la monarchie alaouite est jonché d’épines dressées par les réactionnaires qu’ont enfantés les régimes pro-arabo-islamistes depuis les indépendances nationales dans plein de pays.
Ces militants » sont poursuivis pour motif d’attroupement non autorisé, désobéissance civile, atteinte et brûlage du drapeau national, obstruction de la voie publique, destruction de biens de l’Etat, humiliation de fonctionnaire en plein service « , précise encore cette source.
Les sentences prononcées ont attisé la colère des habitants de la localité qui ont manifesté devant la cour d’appel de Warzazat pour soutenir les détenus politiques de la cause amazighe.
Cette énième atteinte aux droits des Amazighs au Maroc prouve l’intention de ces régimes de mener la mission d’éradication du fait amazigh et avec tous les moyens à terme.
De notre côté, ni la répression ni les prisons et les assassinats ne peuvent nous détourner de notre voie vers la réappropriation de notre identité millénaire. Ces réactions ajoutent de la détermination à la prise de conscience des Amazighs de leur spécificité !
Mohamed Mouloudj
