A Tizi Ghenif, où la visite du premier magistrat de la wilaya est déjà annoncée, comme à l’accoutumée, les autorités locales s’attellent à l’embellissement de la ville, opération de charme, qui n’apporte d’ailleurs rien au citoyen. De leur côté, les comités de village aussi bien de Tizi Ghenif que de M’Kira multiplient leurs rencontres pour rédiger leurs plates-formes de revendications. De son côté, le wali va inaugurer le nouveau siège de la sûreté de daira où les travaux se déroulent à grande vitesse. D’ailleurs ce siège tire à sa fin. L’autre halte sera certainement à la cité de la gendarmerie. Là, l’hôte de Tizi Ghenif aura un droit de regard sur les travaux lancés pour l’éradication définitive des bidonvilles. Et bien sûr, il y aura aussi des points de visite. Indubitablement, ce que la population attend quand même d’une telle occasion, ce sont les décisions à prendre pour améliorer son cadre de vie. Comme tout ailleurs, les interventions porteront en premier lieu sur l’alimentation en eau potable. Dans cette région cette denrée manque à longueur d’année. « L’eau ne coule que deux fois pas an. Les citoyens dont les moyens financiers sont bons s’approvisionnent au moyen de citerne moyennant 1400 à 1500 dinars. Quant aux démunis ils continuent à puiser de l’eau dans des sources, parfois polluées », nous a dit un citoyen de Bouhadj. A ce sujet, le P/APC de M’kira a été catégorique à ce sujet : « le problème le plus épineux est l’eau. Je le dis devant tout le monde et je le répété. M’kira n’est pas alimentée en eau. Les conduites sont à sec toute l’année, même en hiver. Pour que notre région bénéficie de ce liquide, il faudrait que les pouvoirs publics répondent à notre demande explicitée dans toutes les réunions à savoir la réalisation d’une conduite autonome de la station de pompage de Aïn Faci jusqu’à M’kira. Je saisis cette occasion pour tirer la sonnette d’alarme pour la énième fois ». Les interventions seront encore plus passionnantes à propos de la restructuration des cités de recasement. Selon les échos que nous avons eux, ici et là, des ébauches de résorption sont entamées à Tizi Ghenif. A entendre les interlocuteurs, cela ne restait qu’au stade de la confection des listes et des études préliminaires. « Depuis des années, on parle de la restructruration de notre cité. Déjà en 1993, un wali en visite (M. Ouali) nous a fait des promesses. En 2002, d’autres promesses. Promesses sur promesses, les bidonvilles sont toujours là, témoins d’une époque », se rappelle un membre du comité de village de Tamdikt. En outre, les comités demanderont au wali d’intervenir pour la réfection du réseau routier parfaitement délabré, tel celui reliant Tizi Ghenif à El Hammam, Bouhadj. Tamdikt, et bien d’autres routes impraticables. A Tizi-Ghenif, chef-lieu de daira, la demande de la réalisation, d’un hôpital ou à défaut d’un mini-hôpital 2002, sera réitérée. Car, aujourd’hui, la daira de Tizi Ghenif dépend de Draâ El Mizan en matière de santé lorsque l’on sait que des patientes de M’kira font à 10 km pour se rendre à l’hôpital Krim Belkacem. D’autres manques seront évoqués. Par ailleurs, les citoyens de Adila et de Moroko qui ont bloqué les accès menant vers la décharge publique de Adila interviendront pour lancer un dernier appel pour que la décision de la délocalisation du dépotoir soit entamée. Seulement, à propos de cette opération beaucoup d’associations et de comités nous ont contactés et nous ont remis une doléance et transmise au wali accompagné d’une pétition « Nous vous informons M. le wali que le transfert de la décharge de Adila au site choisi c’est à dire Tafayet sera un danger réel sur l’environnement et notre santé. A cet effet, nous vous demandons d’intervenir pour l’éloigner des villages et des hameaux, dont Adila et nous vous demandons d’annuler ce genre d’initiatives et de décisions irréfléchies, car elles ne sont pas en corrélation avec les nouveaux paramètres qui régissent l’environnement », ont écrit les comités de village de Maroko,de Sourika et de Tahachat. Aussi, eu égard de toutes ces préoccupations, la rencontre wali-comités de village devrait normalement aboutir à certaines décisions qui régleraient un tant soit peu certaines tracasseries. Enfin, il est à rappeler que Tizi Ghenif avec ses deux communes (M’kira et Tizi Ghenif) a été érigée en daira à la fin des années 90.
Amar Ouramdane
