La Dépêche de Kabylie

Forêts : des pistes fortement dégradées

Ces pistes, qui sont d’une triple utilité, à savoir la lutte contre les incendies, la lutte antiterroriste et enfin pour la plupart d’entre elles la mise en valeur de terrains agricoles qui ont bénéficié des passages de ces infrastructures et qui se retrouvent aussi désenclavées. C’est une opération qui a été suivie avec un vif intérêt par toute la population de la daïra, une population à laquelle il est désormais possible d’exploiter des terrains agricoles qu’elle a abandonnés en raison de leurs emplacements inaccessibles.

Malheureusement, la joie de ces nombreux propriétaires de terrains fut de courte durée car en raison du manque d’entretien ces pistes n’ont pas résisté longtemps aux conditions climatiques et intempéries exceptionnelles de la région qui ont entraîné une dégradation rapide particulièrement au niveau des ouvrages (ponts, passerelles).

La déception et surtout la colère se lisent sur tous les visages de ces petits paysans qui voient s’envoler l’espoir de reprendre l’exploitation de leurs lopins de terre.

Pourquoi réaliser à coup de milliards des infrastructures pour les abandonner ensuite à l’érosion ? De plus, vu la reprise fulgurante du tissus végétal et vu l’état actuel de ces pistes inutilisables, aucun incendie de forêt ne peut être maîtrisé ; le risque est d’autant plus grand que les forêts de la région sont à 80% composées de pins d’Alep (Thaydha) hautement inflammables.

Les pistes les plus dégradées sont celles touchées par les fortes chutes de neige de ces quatre dernières années, soient celles réalisées sur le territoire des communes de hautes montagnes telles que Aghbalou, Chorfa, et Saharidj, pour espérer lutter efficacement contre les inévitables incendies des saisons sèches. Il n’y a plus aucun instant à perdre pour entreprendre les retouches nécessaires et rendre ces pistes utilisables aux fins d’être fin prêt et être au rendez-vous avec l’arrivée des grandes chaleurs. Les organismes concernés sont engagés désormais dans une course contre la montre, ceci dans le cas où il y a une réelle volonté de protéger le tissu végétal et l’environnement au bénéfice de ces voies d’accès et enfin faciliter la tâche aux services de sécurité pour lesquels ces pistes sont un moyen stratégique de lutte antiterroriste.

Omar Soualah

Quitter la version mobile