Mercredi soir, l’occasion leur a été donnée par la Chaîne II où ils ont trouvé un malin plaisir à s’exprimer librement et en direct sur les écueils non moins importants qui se dressent devant eux, dans leur vie quotidienne de jeunes, ne demandant qu’à affirmer leurs talents dans différentes disciplines. Ils étaient unanimes à révéler qu’un seul Centre culturel, construit il y a des lustres, ne répond plus à la demande. Bâti à l’entrée de la ville de Seddouk, il y a une dizaine d’années de cela, il n’a jamais fait ménage avec la culture, et son état ne cesse de se détériorer. Son salut, il le doit à l’association des activités de jeunes cheikh-Belhaddad qui l’ont baptisé Maison de jeunes, sortant de sa léthargie depuis qu’ils ont élu domicile en organisant des activités culturelles. « C’est un bien qui appartient à la DJS de Béjaïa, laquelle lui alloue d’infimes subventions qui ne couvrent même pas les charges de fonctionnement », dira Ouari Karim, président de l’AAJCB qui ne s’était arrêté là en pointant l’indexe sur la salle des spectacles qui est utilisée pour toutes les activités que ce soit culturelles, sociales ou politiques, et ce bien qu’elle soit dans un état lamentable. « Nos différentes requêtes pour sa rénovation restent lettres mortes », abonda notre interlocuteur sans omettre de signaler par ailleurs que le centre manque énormément de personnel, notamment d’encadrement. « Par manque de personnel ordinaire ou qualifié, ce sont les membres de notre association qui font fonctionner le centre par des actions de bénévolat », renchérit-il. « Ce qui est surprenant, c’est un privé qui est venu à sa rescousse pour financer l’aménagement d’un espace de la cour de l’intérieur en terrain de pétanque doté d’une loge, permettant ainsi aux équipes formées de jeunes et de personnes du 3e âge d’organiser des rencontres chaque après-midi », révéla-t-il. L’association des activités de jeunes « cheikh Belhaddad » a poussé son génie très loin en créant tout récemment deux activités dignes et indispensables pour un centre culturel. Il s’agit d’un cafétéria permettant aux clients de siroter un café ou d’humecter le gosier avec une boisson achetée à l’intérieur du centre sans se déplacer aux cafés de la ville comme ils le faisaient auparavant. Si l’on s’en tient à cela, l’association a créé aussi un cybercafé qui ne se désemplit pas de jeunes et moins jeunes, attirés par le prix avantageux de l’heure. « Nous avons créé ces deux activités pour l’épanouissement de la masse juvénile tout en pensant à procurer par la même de l’emploi aux jeunes chômeurs. Le prix de « l’heure » fixé à 20 DA est à la portée de tout le monde, ce qui attires d’ailleurs beaucoup de clients composés quasiment de jeunes », termina notre interlocuteur.
L. Beddar
