« Nous devons réaliser un monument pour nos 155 martyrs tombés au champ d’honneur. C’est le souhait de chacun de nous. Nous sommes tous interpellés pour honorer le sacrifice de nos ainés » a clamé haut et fort le président du comité de village Tadukli, lors d’une assemblée générale tenue à Tafoughalt devant la population. Et d’ajouter : « Tant qu’il y aura des citoyens qui continuent à faire des dons de matériels et qui mettent à la disposition du village des terrains afin de faciliter la concrétisation des projets accordés à notre localité, il y a de l’espoir. Le comité rend un vibrant hommage à ces citoyens ». Au terme de cette assemblée, Sadak Bendali, car c’est de lui qu’il s’agit, nous a remis une déclaration dans laquelle le comité, qu’il préside, interpelle les autorités.
« Le comité Tadukli n’Tafoughalt marque une halte et veut faire un état des lieux sur la prise en charge des problèmes de développement dont continuent à souffrir les habitants de la grappe de villages de Tafoughalt estimés à six mille âmes, bien que les responsables du comité reconnaissent une avancée remarquable quant à la satisfaction d’un grand nombre de revendications sans cacher pour autant et dire que beaucoup reste à faire en rappelant que cette contrée a accusé des retards considérables dans son développement social », lit-on en premier lieu dans ce document. Tafoughalt est la plus grande agglomération de la commune, forte de ses neuf djemaâs fédérées qui tardent à se concrétiser. « Notre village exige qu’il soit entendu et refuse d’être berné par des promesses qui tardent à être concrétisées sur le terrain », menace le comité dans sa déclaration dans laquelle il demande une prise en charge de ses doléances et dans les meilleurs délais. C’est ce qu’attend Tadukli des autorités car de son côté, il vante l’esprit de solidarité présent chez la population en recourant à des actions de solidarité sur plusieurs fronts : prise en charge des ordures ménagères, réhabilitation des sites historiques (Iderouazène, mémorial des 19 zaouias des Iflissen). Dans ce document, le comité n’oublie pas de signaler les gestes admirables des citoyens ayant offert des terrains allant jusqu’à 15 000 mètres pour la réalisation d’une infrastructure sportive, 1 000 mètres carrés pour un réservoir d’eau à Lemssalla et récemment, un autre terrain pour le monument.
Dans cet ordre d’idées, le comité rappelle aux autorités que leur village a accueilli à bras ouverts le déclenchement de la Révolution tout en participant activement à son lancement. « Le premier chahid de la partie sud-ouest de la wilaya est le digne fils de Tafoughalt. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, les enfants de Tafoughalt ont non seulement attaqué les forces coloniales à Draâ El Mizan, mais aussi à Blida. Plus de 155 chahids se sont donnés âmes et corps pour notre chère patrie », rappellent les rédacteurs du document en notre possession. Une façon de ne pas négliger cette vaste contrée qui représente le tiers de la superficie d’Aït Yahia Moussa.
Les doléances sont restées sans échos
Les revendications, concernent tous les volets. Elles relèvent de toutes les Directions de la wilaya. Même si certaines ont été prises en charge en partie par la DHW et la Direction de l’éducation, ils attendent que les autres trouvent écho auprès de la DSP, la DTP, avant de les évoquer une à une. « Nous revendiquons plus d’égards de la part de l’APC qui est la première institution concernée et qui doit défendre les besoins de citoyens ainsi que l’APW de se pencher sur notre cas » insistent-ils.
La question que se posent les membres de Tadukli est la suivante : « Comment est-ce qu’un minibus de 30 places (dont 24 assises) peut-il transporter en aller-retour plus de pensionnaires) vers Draâ El Mizan à quinze kilomètres du village ? ».
A ce sujet, ajoutent-ils, le comité n’a pas cessé de solliciter, l’affectation d’un autre minibus, auprès de la DAS et même du ministère de la Solidarité nationale et ce, depuis deux ans.
Dans le même document, on peut relever que le comité demande l’ouverture d’une route appropriée longue de cinq kilomètres reliant Amalou Ouzidhouh à Aït Yahia Moussa pour rapprocher les citoyens au chef-lieu au lieu de faire plus de douze kilomètres.
Le Directeur de la jeunesse et des sports a permis de réaliser un CSP sur une assiette de terrain offerte par des citoyens, celle-ci n’attend que cela pour que les jeunes du village, contrairement à leurs pères qui n’avaient même pas eu un appel relevé dans cette déclaration dans laquelle est demandée la construction d’une polyclinique qui reste une autre priorité du comité, en vue de la densité de la population.
Les rédacteurs de cette lettre rappellent que toutes ces doléances ont été adressées au wali de Tizi Ouzou et transmises à son secrétariat et à ses collaborateurs, mais elles n’ont pas trouvé d’échos favorables pour que les jeunes aient enfin la chance d’exprimer leurs capacités physiques. Le foyer pour jeunes en réhabilitation attend lui aussi l’affectation d’un personnel pour sa prise en charge effective comme il se doit. « A quand une bibliothèque semi-rurale pourtant promise par la tutelle dans une correspondance envoyée en guise de réponse à notre comité ? », s’interrogent les rédacteurs.
Le comité demande par ailleurs l’ouverture de pistes agricoles pouvant servir d’accès pour lutter efficacement contre les incendies tout en précisant que 75% des oliveraies du village sont parties en fumée ces derniers temps.
« Tafoughalt, forte de quelque 6 000 habitants, réitère vivement sa demande d’alimentation en gaz naturel de DP de son millier de foyers tout en le mettant à profit pour les huileries, les boulangeries, ces édifices publics et scolaires… et pourquoi pas aussi les autres villages voisins », est l’autre aspiration de la grappe des villages tafoughaltais. « Cette déclaration se veut un ultime appel de détresse pour les autorités compétentes afin de nous prêter toute l’attention nécessaire.
Le comité Tadukli renouvelle son engagement à ne ménager aucun effort jusqu’à ce que tous ces problèmes trouvent des solutions appropriées », telle est la conclusion de cet appel.
A. Ouramdane