Le village Ath Ivrahim, le plus important mais aussi le plus ancien de la tribu (arch) Imechedallah, est implanté sur une haute colline bordée des deux côtés dans le sens de la longueur par deux profonds ravins dont celui situé du côté ouest reçoit le réseau principal des eaux usées de Saharidj.
La profondeur assez importante de ces oueds plus que millénaires est due à la qualité du sol composé de terre argileuse qui fond rapidement au contact de l’eau qui arrive en ces lieux sous forme de courant assez fort en raison d’une gravitation accentuée et creuse donc sans arrêt et forme des cratères effroyables. Bien entendu ce sont ces cratères qui sont à l’origine des glissements de terrains continuels formant avec le temps des falaises qui dépassent les
100 m de hauteur par endroits. Du côté ouest du village, la mosquée (la plus ancienne de la région de M’chedallah) et un groupe d’habitations ne sont qu’à quelques dizaines de mètres du précipice, du côté est, au niveau de la cité dite AARKOV. Le vide est plus effroyable encore. Chaque année des pans entiers de terre se détachent et glissent vers le bas et le précipice s’approche dangereusement des habitations.
De plus, il n’y a pratiquement aucun moyen d’arrêter ces mouvements inquiétants des terrains vu la distance en hauteur qui sépare le ravin du sommet de cette colline sur laquelle est bâti ce village, environ 100 m.
Durant les années 2005/2006, les services des eaux de M’chedallah procédèrent à un lâchage régulier de l’eau à quelques 500 m en avale du village en ouvrant une vanne de vidange du réseau d’AEP et cela pour éviter l’éclatement de la tuyauterie et le débordement du château d’eau qui surplomb la ville de M’chedallah. Cette eau ainsi lâchée dans ce ravin est à l’origine de l’aggravation de la situation relatée, et ce en creusant rapidement en profondeur. Un état de fait dénoncé en son temps à travers les colonnes de la DDK. Le retour de la période humide avec ses chutes de neige abondantes et les pluies torrentielles va accélérer davantage l’avancée de ces précipices des deux côtés de ce village pris en sandwich.
Les autorités locales auront tout à gagner en solliciter le concours d’une équipe de géologues et pourquoi pas d’un géophysicien pour une étude de ce village plusieurs fois centenaire qui est à lui seul une page entière d’histoire et de la mémoire collective de toute la région de M’chedallah pour être fixés quand à son avenir et leur permettrait en même temps de prendre les dispositions nécessaires pour éviter toute mauvaise surprise. En attendant, il reste à espérer qu’aucune secousse tellurique de forte magnitude ne viendra secouer la région car tout peut se produire en ces lieux et qu’on ne peut décrire en utilisant les termes qu’il faut sans provoquer de l’inquiétude et de l’angoisse chez les riverains.
Même la route principale qui desserve ce village, récemment revêtue d’un tapis de goudron, est menacée par ces glissements de terrain sur un tronçon d’environ 200 m au niveau de la sortie nord de cette localité. Rappelons enfin que la partie du village baptisée « amahrez », où se trouve la mosquée, est en partie abandonné par ses habitants qui sont allés s’installer dans la plaine de « thamourth ouzemour » mais que c’est le côté inférieur du village « Aarkov » qui est dans l’immédiat le plus exposé à ces glissements de terrain.
Omar S.
