l Les précipitations atmosphériques de la semaine écoulée, lesquelles ont copieusement arrosé la vallée de la Soummam, n’ont pas fait que des heureux parmi les agriculteurs, ces damnés de la terre. Ainsi, si pour les uns le ton est à la jubilation en ce sens que ces pluies providentielles sont le gage d’une saison prospère, pour les autres en revanche c’est une vraie malédiction. C’est le cas de certains maraîchers qui ont vite fait d’investir des terres jouxtant le lit majeur de l’oued Soummam pour y faire pousser des légumes de saison, croyant sans doute que l’hiver est loin derrière eux. Mais c’était compter sans l’humeur fantasque du fleuve dont la brusque montée des eaux a inondé de vastes étendues cultivées. Ce n’est qu’à la décrue qu’ils ont réalisé l’ampleur des dégâts. “Quand le niveau de l’eau a commencé à monter, j’ai tout de suite compris que c’en est fini de ma culture”, témoigne, désabusé, un cultivateur saisonnier. Son lopin situé dans la région de Biziou est complètement dévasté. C’est autant dire la déconfiture ! Un maraîcher qui fait dans le métayage dans la plaine d’Amrid, à la sortie ouest de Takariets est, lui aussi, pris au dépourvu : “Près de 60% de mes terres ont été inondées. Heureusement que j’ai beaucoup de jachère”, nous confie-t-il. “Mais, poursuit-il, j’en connais qui ont tout perdu”. Ils doivent en effet être nombreux sur les deux rives de la Soummam, à maudire Dame Nature pour avoir annihilé leurs sacrifices en réveillant le fleuve de sa léthargie.
N. Maouche
