Bras de fer entre un promoteur et des locataires

Si l’autorité locale ne joue pas son rôle dans l’affaire opposant les habitants de la rue Ouchène Boudjmaâ de Lakhdaria au promoteur immobilier activant sur ces lieux, celle-ci dégénérera sans nul doute en litige très complexe à dénouer.

Un écriteau placé sur la parcelle informe qu’un projet de construction de 33 logements en LSP y est programmé.

Mais sur la partie jouxtant les anciennes demeures des cheminots de Lakhdaria, les travaux ont déjà démarré : des semelles en béton occupent déjà les failles creusées pour la circonstance.

Le lot de terrain attribué à cette réalisation est séparé des autres constructions où activent quelques commerçants par un accès, une sorte d’allée qui va de la rue Bouchère à celle appelée Abed Med. « Nous ne sommes pas contre ce projet mais contre le fait qu’il bloque l’accès », précise un habitant, d’autant plus, explique-t-il, « que les terres nues de l’ex-Cofel, mitoyennes à celle qui a été attribuée, peuvent constituer un moyen d’arrangement dans cette situation ».

L’espace libre auquel fait allusion notre interlocuteur est situé sur le même prolongement de l’assiette retenue pour la construction des logements sociaux. Pour l’heure, le climat est des plus tendus sur cette place de Kerssis, un des quartiers les plus populaires de « l’ex-Palestro ».

Pour preuve, ces petits regroupements des résidants, remarquables ici et là le long de la rue, où toutes les discussions sont centrées sur ce sujet.

Les avis rassemblés sur la question sont départagés : certains évoquent des promesses d’affectation au lot pour l’aménagement d’une aire de jeu et d’un espace vert, d’autres jugent impensable l’idée de fermer un chemin existant depuis l’époque coloniale.

Pour l’instant, le promoteur n’active que sur « l’aile » où il n’est enregistré aucune réclamation ; le vrai bras de fer aura lieu au moment où le constructeur entamera les travaux consistant à supprimer l’accès.

« D’ailleurs, ne manquera pas de souligner un vendeur de matériels apicole domicilié dans les environs, une pétition signée par 30 locataires a été adressée aux autorités locales pour les informer de ce qui prévaut sur cette place ».

La situation n’est pas aussi fermée qu’on le croit car selon certains il suffirait de revoir le tracé du projet afin de ne pas dénaturer l’environnement et maintenir ainsi le projet de construction des 33 logements en LSP.

A. Cherif