« Basta à l’effusion de sang »

La Dépêche de Kabylie : Aujourd’hui, 18 avril, 7 ans après l’assassinat de votre fils Massinissa, où en êtes vous?

Khaled Guermah : Vous savez la peine que vit un père, une mère, lorsque son fils à la fleur d’âge est ravi à Dieu, par la faute humaine et irresponsable. Nous sommes toujours blessés, la plaie n’est pas près de se cicatriser, notre mémoire est fraîche depuis 2001 à aujourd’hui. Sept ans sont passés, la douleur reste vivante et rien ne peut faire oublier ce qui s’est passé. Il faut que justice soit rendue sur nos enfants, 126 martyrs ce n’est pas peu. Nous continuerons de croire au Mouvement citoyen, on ne cessera jamais de mener le combat, nous gardons nos positions, le reste nous le laissons à la force de l’histoire d’en décider.

Et la commémoration d’aujourd’hui?

Les citoyens restent fidèles aux symboles des luttes qu’a connues la Kabylie, plus de 400 visiteurs ont fait le déplacement sur la tombe de mon fils, pour se recueillir et c’est en guise d’hommage aussi aux autres martyrs. Il y a de la bonne foi et de la militance chez tous les présents, ils sont déterminés depuis 2001, c’est la où se situe l’espoir que rien n’est gâché, bien au contraire. 126 martyrs

barakat, les blessés baraket, basta à l’effusion de sang, nos jeunes méritent un autre destin, un meilleur destin.

Qu’en est-il du combat à présent?

Il est difficile d’avoir une approche ou un constat tranchés sur le sujet. Il y a de la satisfaction, des acquis sur un certain volet comme il reste du travail constructif à faire pour répondre aux besoins exprimé et aux revendications portées et défendues avec un lourd tribut. L’avancée notable, enregistrée en matière de libertés, a été payée par un grand sacrifice. La Kabylie et l’Algérie entière ont recouvert leur dignité brisé le mur de la peur, une conscience s’est réveillée par rapport aux droits et devoirs des citoyens. Nous restons persuadés que seul le combat paye, il se transmet, de génération en génération, le flambeau sera porté dans un esprit d’union et de fraternité sans chevaucher sur quoi que ce soit, même si les forces du mouvement connaissant un repli ces derniers temps, la population recèle une énergie d’espoir, de dignité, elle mène tous les combat de bonne foi.

Entretien réalisé par K. Z.