L’opération-recensement avance

« Nous allons terminer l’opération dans les délais », nous a confié un contrôleur. En effet, à Aït Yahia Moussa, comme par tout ailleurs, une commune dont plus de la majorité de la population est éparpillée sur au moins trente-huit villages et hameaux, l’opération avance. « La commune a tout mobilisé », a ajouté un autre recenseur rencontré au chef-lieu. Cette commune est subdivisée en chef-lieu, en agglomérations secondaires et en zones éparses. Le déplacement des agents recenseurs se fait à l’aide des moyens de transport réquisitionnés par l’APC.

Au septième jour de l’opération, plus de la moitié des foyers ont été déjà visités. Ce qui aide ces agents à accomplir cette mission dans de bonnes conditions est la réussite d’abord de la première phase, c’est-à-dire celle consacrée à l’identification des habitations avec les numéros, ensuite la formation poussée reçue par les agents.

« Quant à l’accueil, nous a dit un autre agent, il est excellent. Nous ne trouvons pas de difficultés avec la population. Les chefs de familles sont compréhensifs. Ils répondent à toutes nos questions », nous a confié un agent-recenseur désigné pour le village de Chérifi. Pour ce cinquième recensement, disons-le, le questionnaire comprend de nombreuses rubriques.

Celles-ci prennent en compte même l’utilisation de l’informatique. « Nous avons aussi remarqué que l’enseignement touche les deux sexes. Je vous dirai que depuis l’indépendance, nous n’avons pas enregistré de tels chiffres bien que l’opération ne soit pas encore bouclée », a préféré nous confier sous le couvert de l’anonymat un autre recenseur.

Pour ces jeunes pour la plupart des chômeurs et des licenciés, c’est la découverte de la réalité dans laquelle vivent les familles dans cette commune. Ceci pour le déroulement de cette opération.

Quant au recensement établi en mars de l’an dernier pour que la wilaya puisse avoir sa carte sociale, la commune d’Aït Yahia Moussa est peut-être l’une des plus pauvres de la wilaya selon les chiffres que nous avons pu avoir. A titre d’exemple, ce recensement avait donné 653 familles démunies sans revenus, 2 667 démunis sociaux, c’est-à-dire ouvrant droit aux cartes gratuites à délivrer par la CNAS, 18 personnes sans domicile fixe (SDF), huit jeunes en danger de mort entre six et dix-huit ans (mineurs dont la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation sont compromises ou dont les conditions d’existence ou le comportement risquent de porter atteinte à leur avenir et 68 femmes en détresse… Ce ne sont là que quelques chiffres illustrant cette réalité sociale qui n’est guère reluisante. Ce 5e recensement viendra-t-il à bout des difficultés afin de réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie de cette population ? L’avenir nous le « dira ».

Amar Ouramdane