Deux centres de correction sont ouverts au niveau de Béjaïa. L’un est domicilié au chef-lieu de wilaya, l’autre à Akbou. « A l’OREC, la préparation d’une telle opération est un travail de longue haleine qui nécessite des efforts surhumains », a dit un membre de l’OREC, rencontré au centre Youcef-Benberkane (ex-CEM nouveau), membre d’une délégation conduite par le responsable de l’OREC, en visite au centre de correction. Une visite coïncidant avec l’entame de la 3e correction. Celle-ci s’impose quand l’écart entre la 1e et la 2e correction est au-dessus de 3 points. Le directeur de l’éducation a quant à lui visité le service le 3e jour de l’opération. Le déclenchement de l’opération s’est fait 10 juin. Journée qui a été réservée à la lecture des barèmes et aux premiers essais de correction. Une correction qui aura ainsi duré de 7 à 8 jours. S’en suivra alors la saisie des notes et des moyennes, la moyenne des 2 notes les plus proches pour la 3e correction, puis la reconstitution des paquets de copies et leurs emballages. La délibération est prévue pour le dimanche 19, veille de la proclamation des résultats. Notre visite au centre de correction Youcef-Benberkane, en cette matinée du jeudi, a coïncidé donc avec le 2e jour de la 3e correction. Elle concerne le français, l’arabe, la physique, l’histoire-géo. Pour les autres matières, l’opération s’est achevée la veille. La 3e correction est importante, elle permet de rectifier le tir quand le contrôle des notes données par les correcteurs a donné lieu à l’écart sous-mentionnés, l’exemple de l’histoire-géo et de l’arabe où, respectivement une vingtaine de jurys étaient à recorriger au complet. Dans la salle d’anglais, les correcteurs émargeaient les totaux des copies corrigées. Au 1er étage, dans la salle de français, l’inspectrice présidente de commission faisait les décomptes des quelques correcteurs restant. Dans les couloirs, des secrétaires (personnes réquisitionnées pour le secrétariat) nous abordent. Ils tenaient tant à s’exprimer, disaient-ils, sur une injustice trop subie depuis des années. L’objet de leur contestation est la rémunération très en-deçà du travail fourni. « 4000 DA pour une durée de 15 à 20 jours :» À peine 2% des efforts seulement compensés, car le groupe se donne à fond. « Alors que dans la réglementation, nous sommes payés pour 3 heures mais nous travaillons plus », explique-t-on. Le staff effectue plusieurs actions, dont le codage, la vérification des totaux, le classement des copies entre autres. « Il serait bon, d’intégrer de nouveaux éléments dans la composante du secrétariat constituée dans la majorité de l’ancien effectif ». Au rez-de-chaussée se trouvent des salles de correction, deux distributeurs de café, deux fontaines fraîches autour desquelles se tenaient des enseignants. A 10 h c’est la pause-café (gâteaux et thé). Visiblement, des efforts considérables sont consentis pour créer un cadre propice et agréable. De midi à 14 h un repas est servi en plusieurs services à cause de l’exiguïté du réfectoire par rapport au nombre considérable de personne à restaurer contrairement à l’étape surveillance, la restauration est gratuite dans les centres de correction, depuis quelques années. Au niveau du secrétariat, un centre d’informatique haut de gamme est exploité. « Si la correction se déroule bien dans ce centre, c’est grâce aux efforts gigantesques pour venir à bout des contraintes. Il a fallu faire de la gymnastique pour pouvoir subvenir aux besoins, à titre d’exemple, l’aménagement d’une salle en dortoir, l’exploitation des structures du lycée Debbih-Chérif pour héberger les correcteurs internes et les présidents de commission, assurer la restauration de 700 personnes dans un réfectoire de 200 places, et la transformation du stade du CEM des Martyrs en parc autos », nous explique-t-on. 15 135 copies, 63 jurés par matière, ont été corrigées au CEM Benberkane.
Taos Yettou