Cette bâtisse en R+1 et dont la partie supérieure est un logement de fonction, a été abandonnée durant les années de braises, soit plus de douze ans. Désertée, et livrée à elle-même, elle a subi d’énormes dégâts et était sur le point de » tirer sa révérence » à la suite des outrages climatiques et même humains » la nature a horreur du vide » ce qui s’applique parfaitement à l’état de faits relatés.
Notons enfin une dernière citation qui vient se greffer aux autres et qui n’est autre qu’un glissement de terrain assez important, plusieurs fois évoqué dans nos colonnes. Cette bâtisse n’a pas été épargnée par cet inquiétant mouvement du sol en raison de l’emplacement de son terrain d’assiette, aménagé sur une petite plateforme qui surplombe le profond ravin Thamarighth. Interrogé, l’un des ouvriers intervenant dans ces travaux de rénovation évoque la construction d’un mur de soutènement pour arrêter le glissement du terrain, ce qui augmente notre étonnement. Ce mur de soutènement va-t-il être construit sur le sol solide qui n’est autre que le fond du ravin à plus de 150 mètres de profondeur ? Si oui, ce mur coûterait deux fois plus que la bâtisse elle-même. Ce mur sera-t-il érigé, peut-être, à quelque mètres seulement de cette structure ? A ce moment il serait entrainé en même temps que l’infirmerie elle-même par le glissement continu des terrains sur lequel il sera bâti car quelle que soit la profondeur de la base, elle ne pourrait jamais atteindre le sol solide. Ceux appelés à y exercer et y habiter seront-ils réellement en sécurité ? Une question à laquelle ne peut répondre qu’un bureau d’étude expérimenté. L’argent gaspillé dans le » replâtrage » de cette structure à moitié sinistrée, ne serait-il pas mieux placé dans l’achat d’un » véhicule aménagé en infirmerie ambulante » pour prodiguer les premiers soins aux habitants de ce village enclavé à 70%, un véhicule qui rentrerait chaque fin de journée en lieu sûr comme cela se pratique sous d’autres cieux, mais dans ces pays le moindre sou dépensé fait l’objet d’une étude, d’un suivi et d’un contrôle rigoureux. Il fallait penser à l’entretien de cette bâtisse bien avant qu’elle n’atteigne cette phase d’agonie. D’ailleurs, même l’école primaire mitoyenne de cette infirmerie est dans le même état, sinon pire, un sujet sur lequel nous reviendrons.
Omar Soualah
