Les arboriculteurs intéressés par la vulgarisation

Cette initiative des arboriculteurs d’espèces à noyaux, lesquels se disent tous touchés à des degrés variables par les attaques du parasite. La séance à laquelle a participé un représentant de la Direction des services agricoles a permis aux présents de voir en détail les opérations d’épandage de l’insecticide afin qu’il puisse entrer en contact avec le parasite au moment de la ponte et de la migration des larves dans le sol. Après avoir creusé une cuvette autour de l’arbre, l’insecticide épandu (100g de Méthyl-Parathox) est ensuite mélangé à la terre, puis aspergé d’eau pour le faire descendre en profondeur. Le traitement doit être renouvelé en juin et doit concerner toute la zone pour une meilleure efficacité. Les arboriculteurs n’ont pas été avares de questions portant notamment sur la biologie du parasite, les divers produits de traitement, les périodes propices à la lutte. Le coût de l’opération est de l’avis général jugé modeste, et les présents ont été invités par le subdivisionnaire à préférer les sachets de 25 kg quitte à les repartir entre eux. Certains arboriculteurs voudraient que l’Etat subventionne le traitement et ont posé également le problème de la mobilisation de l’eau nécessaire au moins les premières années suivant la mise en place du verger. M. Regoui a de quoi être fier de son verger qui renferme plusieurs générations de cerisiers. Certains vieux arbres reconnaissables à leur gros troncs noueux et crevassés ont été greffés en 1942 par son père sur des merisiers francs ! Ils sont toujours en production et constituent une sorte de mémoire végétale de son aïeul. L’intéressé les entretient et ne veut pas les arracher « d’autant plus qu’ils produisent toujours ! » Fait-il remarquer.

L’intéressé a également transplanté beaucoup de merisiers provenant des hautes terres d’Aït Ouabane, sur les flancs du Djurdjura. « C’est là-bas que j’ai trouvé une vaste pépinière naturelle et j’en ai beaucoup ramené ici ». Ces plants se portent à merveille et promettent des arbres vigoureux une fois greffés. Après l’échec patent des vergers installés sur des sujets « Sainte Lucie » ou « Mahaleb », qui manquent de vigueur, le retour au merisier comme porte-greffe se généralise.

M. Amarouche