Un bras de fer semble opposé la Fédération algérienne des sports mécaniques (FASM) et le ministère de la Culture sur une partie de l’itinéraire que devra suivre le rallye du Hoggar. En effet, ce rallye, raid dans sa première édition, prévoit de traverser le Parc de l’Ahaggar à Tamanrasset. Chose qui a fait réagir le ministère de la Culture, qui a tenu, dans un communiqué parvenu hier à la rédaction, signé Mme la ministre, Khalida Toumi, à exprimer sa ferme opposition au passage du rallye par ce Parc. « Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, informe que toute action, de quelque nature que ce soit et à l’initiative de quelque entité que ce soit, est soumise à son autorisation expresse », lit-on dans ledit communiqué. Pour Mme Toumi, le rallye du Hoggar « menace aussi bien le patrimoine archéologique que la fragile réserve animale et végétale de ce parc. » La ministre de la Culture s’appuie dans sa décision sur la loi 98-04 portant protection du patrimoine culturel et les dispositions régissant les réserves de l’Homme et de la biosphère par les conventions du programme MAB (Man and Biosphère). Une opposition que M. Hamid Sidi Saïd, président de la FASM, qualifie de « tout à fait légitime », dans une conférence de presse qu’il a tenue, hier, dans un grand hôtel d’Alger en présence de M. Hubert Auriol, ancien champion de rallye et coorganisateur du rallye du Hoggar. « Nous tiendronts compte de cette opposition lors de l’élaboration du tracé du rallye », le président de la Fédération M. Sidi Saïd expliquera que la Fédération a tenu et tiendra des réunions avec toutes les parties concernées. « Nous avons obtenu l’aval des ministères de la Jeunesse et des Sports, du Tourisme et de l’Intérieur. Nous avons projeté de saisir celui du ministère de la Culture et d’autres institutions encore « , précisera le conférencier. Il a tenu à souligner que « les sports mécaniques ne sont pas là pour polluer l’environnement ou causer du tort aux sites naturels ni pour tuer des gens ». Selon lui, toutes les dispositions sont prises pour qu’aucun site archéologique, culturel, naturel ou autre, ne sera touché, lors de ce rallye. « Nous partageons les mêmes soucis que ceux du ministère de la Culture », soutient-il et de poursuivre : « Nous allons entamer des actions de sensibilisations en direction des pilotes et autres participants ». Que va faire la FASM dans le cas où le ministère campe sur ses positions ? « Le tracé du rallye contournera le parc de l’Ahaggar », répond M. Sidi Saïd, qui insistera sur leur volonté de respecter les « décisions officielles ». Il est à noter que ce rallye partira de Hassi Messaoud pour atteindre Tamanrasset, via le parc de l’Ahaggar. Il se tiendra en octobre 2005, selon les organisateurs. Par ailleurs le président de la FASM reviendra sur « l’embargo » qu’a connu l’Algérie en matière de sports mécaniques depuis deux décennies. « Une marginalisation qui a commencé bien avant l’avènement du terrorisme », notera l’orateur. Il se félicitera, toutefois de la relance effective des manifestations sportives depuis 4 ans. Selon lui, depuis 4 ans, l’Algérie est sollicitée par les différents organisateurs de compétitions de sports mécaniques. « Nous n’avons jamais demandé un retour du Paris-Dakar sur le sol algérien. C’est les organisateurs qui nous ont sollicités », fait-il remarquer. Ce célèbre rallye ne passera finalement pas par l’Algérie, car les attentats du Caire et le sentiment d’insécurité qui en découle, ont été défavorables à l’Algérie. « Nous œuvrons à changer l’image que les étrangers ont de l’Algérie qui dure depuis des années, en organisant notamment des compétitions et autres événements de ce genre », dira dans la foulée M. Sidi Saïd. M. Hubert Auriol, l’une des figures de proue des sports mécaniques et notamment des rallyes depuis 20 ans (deux fois vainqueur du Paris-Dakar en moto et une fois en voiture), donnera quelques détails sur ce rallye et les efforts consentis pour sa réussite. Ainsi, il est limité à 50 concurrents dans chaque catégorie : Auto, Moto et Camion. Les organisateurs ont pris, assure M. Auriol, des dispositions pour ne pas nuire à l’environnement.
Elias Ben
