Site icon La Dépêche de Kabylie

Un  »gestionnaire de catastrophes » à Béjaïa

Pratiquement depuis 2001, date de son installation à Béjaïa, en pleine furie des évènements du Printemps noir. Et lui-même n’a jamais caché, depuis quelque temps, son intention de partir.

 » J’ai officiellement demandé à partir et j’attends « , avoue-t-il simplement à la Dépêche de Kabylie qui l’interrogeait, voilà une année, sur les rumeurs de son départ et l’arrivée de Yamina Nouria Zerhouni à sa place.

Aujourd’hui, la rumeur se mue en information officielle : Rachid Fatmi quitte la wilaya de Béjaïa mais non pour cultiver son jardin, comme d’aucuns le supputaient, il est nommé wali de Souk-Ahras dont le titulaire du poste est  » appelé à d’autres fonctions « , pour reprendre le jargon de le dépêche de l’APS tombée dans la matinée d’hier. Rachid Fatmi peut tout de même aller de temps en temps cultiver son jardin puisqu’il est natif de Tebessa, wilaya limitrophe de Souk-Ahras. Un détail qui peut signifier que le wali de Béjaïa conserve toujours les faveurs des hautes sphères de décision qui lui ménagent ainsi un portefeuille à mi-chemin de ses convenances.

C’est Ali Bedrici wali de Boumerdès, depuis le 21 aout 1999, qui arrive à Béjaïa.

Un homme qui s’est bonifié avec le séisme de Boumerdès survenu deux années plus tard, soit le 21 mai 2003 à la faveur duquel il a eu à gérer correctement cette catastrophe naturelle qui a provoqué plus de 3 000 morts et 180 000 sans-abris.

Ali Bedrici hérite justement d’une wilaya quasiment sinistrée. Béjaïa collectionne les retards en matière de logements, de routes et d’activités économiques. Des contingences externes font peser sur son développement de prégnants périls : en 2009, Béjaïa ne sera toujours pas raccordée à l’Autoroute Est-Ouest tandis que l’ouverture d’une voie express entre Sétif et Jijel marquera une réorientation de l’important trading sétifien vers le port de Djendjen.

N’eut été les efforts du secteur privé, particulièrement entreprenant ici, la wilaya se serait encore plus profondément enlisée dans l’immobilisme. Après s’être acquitté de son ministère de  » pompier politique  » auquel il fut appelé en catastrophe au déclenchement des évènements de Kabylie, le wali aura rapidement buté sur un environnement des plus délétères pour enfin montrer des signes d’usure. Au final, il ne cachera plus sa volonté de partir. Avec lui, son exécutif s’installe aussi dans une  » psychologie de départ  » qui n’est pas allé sans aggraver la déprime générale. Bouira aura aussi un nouveau wali en la personne de Bouguerra Ali, précédemment secrétaire général de la wilaya de Sétif. Le wali précédemment en poste est « appelé à d’autres fonctions « .

Le Président Bouteflika a, au total, nommé dix walis et mis fin aux fonctions de quatre autres.

M. Bessa

Quitter la version mobile