Au procès de Nuremberg, à la même époque, on institue la notion de crimes contre l’humanité. Ce sera le déclic. Les Algériens prennent conscience qu’il n’y a plus de compromis possible avec le système colonial. L’ampleur des atrocités, la violence aveugle de la torture généralisée, y compris les viols systématiques perpétrés par les forces coloniales, précédés par les opérations d’extermination de Kherrata et sa région en ce 8-Mai 1945, n’ont fait que renforcer sa détermination pour faire face aux assauts de l’armée et de ses milices qui ont utilisé tous les moyens pour faire taire cette volonté farouche de se libérer du joug colonial, quels que soient le prix et le sacrifice.
Des sacrifices qui ont été le prélude du 1GNovembre 1945, le début d’une guerre pour la libération nationale qui va durer plus de 7 ans, faisant plus d’un million de morts. Par sa cruauté, la Guerre d’Algérie a laissé des séquelles indélébiles dans la mémoire de notre génération. Soixante-trois ans après les massacres collectifs du 8-Mai 1945, la mémoire reste le meilleur moyen de lutter contre l’oubli de cette épopée faite par des Algériens nationalistes. Afin qu’elle demeure un exemple pour le futur, une fierté pour le peuple, un moment d’espoir et de méditation dans la marche d’une nation ayant refusé et continuant de refuser toutes formes d’exploitation ou de colonisation. Et si nous commémorons aujourd’hui avec fierté l’anniversaire de cette journée historique du 8-Mai 1945, c’est parce qu’elle a été un tournant décisif dans le combat d’un peuple ayant créé le miracle, c’est parce que nous commémorons en même temps la mémoire d’un peuple digne qui combat et continue de combattre l’exploitation et la soumission.
Pour la première fois, les festivités nationales marquant la commémoration de la journée historique du 8-Mai 1945 ont eu lieu dans la ville de Kherrata qui fut le théâtre d’un véritable génocide dont a été victime la population par l’armée coloniale, parce qu’elle a manifesté pacifiquement pour un idéal “la liberté”. Après la chute du nazisme à la fin de la Seconde Guerre mondiale, où plusieurs centaines d’Algériens ont combattu sur les champs de bataille aux côtés des forces armées françaises pour combattre l’occupation allemande.
Le jeudi 8 Mai 2008, soit le 63e anniversaire de ces massacres collectifs, a été marqué donc à Kherrata par des cérémonies de recueillements à la mémoire des martyrs, des inaugurations de nouvelles réalisations en présence de MM. Cherif Abbès, ministre des Moudjahidine, Saïd Abadou, secrétaire général de l’ONM, des autorités locales de la wilaya, de la daïra de Kherrata et la société civile.
Accueillie au niveau du pont “Hameuz” dans les gorges du Chabet El Akhra où furent exécutés plusieurs dizaines de prisonniers membres du mouvement nationaliste algérien, qui seront précipités au fond du ravin, la délégation officielle a déposé ensuite une gerbe de fleurs à la mémoire des martyrs, suivie d’une minute de silence et prise de parole de bienvenue et allocution du président de l’APC de Kherrata relatant historique de la ville marquée par les événements sanglantes du 8 Mai 1945.
Le cortège s’est rendu aussitôt à la ville de Kherrata où les hôtes officiels ont visité et inauguré le centre d’hémodialyse réalisé dans la polyclinique, ainsi que l’agence Cnep/Banque, projets achevés depuis quelques jours.
La visite dans le chef-lieu de daïra s’est achevée par des visites des expositions organisées à cette occasion par les associations de la région et des communes limitrophes de Souk El Tenine et Melbou, Aokas, qui ont participé relativement à ces manifestations commémoratives ainsi que par la chorale et des chants patriotiques au centre culturel.
Slimane Zidane
