« La visite du ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, à Alger a été reportée sans être annulée et cela à cause des agendas des deux parties qui ne permettent pas cette visite « , a, en effet, précisé une source de l’ambassade de France en Algérie, tout en niant que » la polémique née autour de la dernière visite du président Nicolas Sarkozy en Algérie n’a rien à voir avec le report de la visite de Kouchner. »
Bernard Kouchner est finalement attendu aujourd’hui à Alger. Cette visite, d’une journée, qui intervient après celle effectuée, il y a quelques jours, par Madame le ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, sera consacrée au projet qui a suscité tant de controverses, l’Union pour la méditerranée (UPM), en l’occurrence. » Le principal objectif de ce déplacement est d’aborder avec nos partenaires algériens le dossier de l’Union pour la Méditerranée, dont l’Algérie doit être un acteur majeur « , selon la déclaration du porte-parole du ministère Pascale Adréani.
Alors que l’initiateur de ce projet, Nicholas Sarkozy qui l’avait proposé lors de sa dernière visite au mois de décembre dernier, avait annoncé, début mars, que » l’UPM sera coprésidé par un président de la rive Nord et un président de la rive Sud « , tandis que Bernard Kouchner a aussi proposé, en effectuant une visite à Rabat que » le siège doit se situer dans un pays du Sud. »
A en croire certains observateurs, le choix du coprésident du Sud serait assuré par le président égyptien Hosni Moubarek, la Tunisie arbitrerait le siège du Secrétariat générale de l’UPM, alors que le pour le Maroc, on lui aurait accordé le poste de Secrétariat générale. Quelle est, dans ce cas, la position de notre pays dans ce projet ? Qu’en bénéficiera-t-il, sachant que l’on considère Alger en tant que » pays majeur et pivot de la future Union…
Sur ce point, Alliot-Marie a averti quant aux rumeurs ayant entouré ce projet de grande importance au président français, notamment celles relatives à la répartition des postes. « Attention aux rumeurs « , avertira-t-elle, en effet. Une façon, pour elle, de rassurer les Algériens en déclarant que » …. l’Algérie est à même de jouer un grand rôle dans cette Union. » Par ailleurs, selon la porte-parole de Quai d’Orsay, le ministre » sera porteur d’un message du président Nicholas Sarkozy et la relation bilatérale fronco-algérienne sera également à l’ordre du jour six mois après la visite d’Etat du président français. » Cette visite, poursuivra-t-elle, » sera enfin, l’occasion d’aborder l’ensemble des questions régionales et internationales.
» Ces visites successives des diplomates français en Algérie, et qui se poursuivront par d’autres, sont considérées par certains observateurs comme un forcing dans l’espoirs d’avoir le OK de l’Algérie qui jusque- là se distingue par une position de réserve sinon de vive prudence vis-à-vis d’un projet géopolitique qui charrie des enjeux et intérêts d’autant plus majeurs qu’ils sont contradictoires selon les visions des uns et des autres. La question du Sahara occidental et la position d’Israël par rapport au projet ne sont pas des moindres.
Signalons enfin, que Nicholas Sarkozy projette de lancer le 13 juillet prochain l’Union pour la Méditerranée un projet de partenariat entre l’Union européenne et les pays du Sud de la Méditerranée.
Nabila Belbachir