Ces importateurs, dont même l’identité fiscale n’est pas enregistrée, ont fait que nos produits se vendent mal », nous dira Aomar Madani, co-gérant avec M. Chikh de l’Entreprise de fabrication d’articles scolaires et d’outils de traçage.
Genèse d’une crise
Dans son bureau, cet ingénieur de formation dont la compétence est avérée est également président de l’Association nationale des fabricants d’articles scolaires a commencé tout d’abord par l’historique de la création de ce groupe. « C’est en 1996 que nous nous sommes installés ici à Frikat après des débuts à Boghni. Quatre ans après, nous avons pu créer plus de cent emplois permanents, sans compter les intermédiaires. L’entreprise a fait des progrès notoires grâce aux nouvelles technologies que nous avons pu y introduire. Nous avons satisfait une grande part du marché de traçage et d’écriture à telle enseigne que nous sommes passés à la vitesse supérieure, c’est-à-dire l’exportation », nous dira-t-il. Actuellement, cette entreprise n’emploie plus que trente personnes de façon permanente, deux stagiaires et cinq contractuels. Interrogé sur la réduction du nombre d’employés, Aomar Madani, en sa qualité de gérant, nous répondra qu’en 2006, l’entreprise était contrainte de dresser son plan social en raison de nombreux problèmes. Il citera deux entraves essentielles : « La première a trait principalement à la concurrence pure et simple, édictée par des fabricants étrangers de grande pointure disposant d’énormes moyens financiers et autres et aussi de marchés mondiaux énormes », expliquera-t-il. Ajoutant « Comparez quelqu’un qui alimente trente-cinq millions d’habitants à un autre qui vise plus d’un milliard ». Mais, la deuxième entrave sur laquelle butent tous les producteurs d’articles scolaires à l’échelle nationale est celle causée par les importateurs. « C’est une importation déloyale. Vous savez que ces importateurs utilisent différents registres et qu’ils font de fausses déclarations aux banques et aux instances fiscales. Une fois qu’ils écoulent leur marchandise, ils disparaissent de la scène », tel est le jugement de notre interlocuteur qui ne mâchera pas ses mots en disant qu’il ne s’agit là que de pure magouille. Pour lui, les produits importés laissent à désirer. D’ailleurs, à ce sujet, il nous montrera une correspondance envoyée aux services concernés à ce sujet. « Les premières analyses comparatives sur des protège-cahiers importés ont montré des teneurs en métaux lourds, notamment du plomb très supérieur aux normes admises », lit-on dans la correspondance. Aomar Madani nous apprendra que l’association qu’il préside avait tiré la sonnette d’alarme sur les dangers planant sur la santé des utilisateurs (les élèves) de ces protège-cahiers. Parlant de son groupe, notre interlocuteur justifiera ainsi les licenciements successifs décidés au sein de GMC.
Des atouts… quand même
« Les licenciements n’ont pas été abusifs. On ne peut justifier le licenciement d’un travailleur qui s’est consacré totalement à l’épanouissement de l’entreprise. Nous avons donné espoir aux gens de travailler à GMC. Tous les travailleurs licenciés ont été indemnisés dans le cadre de la réglementation en vigueur ». Pour Aomar Madani, si des permanents ont été licenciés, c’est parce qu’ils n’ont pas voulu s’adapter à la nouvelle méthode de travail. « Nous visons la flexibilité de l’emploi au sein de notre groupe. Il faudra du sang nouveau pour notre groupe. On ne fait du social que lorsque l’entreprise est en bonne santé », expliquera-t-il par ailleurs. En dépit de toutes ces entraves, GMC continue à aider les couches sociales directement ou indirectement. L’association présidée par Aomar Madani compte tout de même saisir qui de droit pour trouver un écho favorable à leurs doléances. « Le potentiel existe. Il peut satisfaire 90% du marché national. Il ne faudra peut-être laisser que quelques produits à importer qui seront classés dans les articles de luxe destinés à ceux qui ont les moyens de les acheter », conclura-t-il.
Le vœu de tous les fabricants d’articles scolaires est de voir des producteurs venir s’installer en Algérie au lieu de laisser une importation anarchique parasiter ceux qui produisent. En conclusion l’AFAAS interpelle le ministre des PMI/PME de répondre à leurs doléances.
Amar Ouramdane
