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Vent de colère à l’Est, syndrome de Chlef ?

Depuis quelques temps, les chômeurs de la région est de Bouira, et plus particulièrement ceux d’Ahnif dans la daïra de M’chedallah, sont passés à la vitesse supérieure pour faire entendre leurs voix, des voix qui sont devenues aphones à force de décrier et de revendiquer devant toutes les administrations le marasme duquel elles veulent sortir.

Durant la matinée d’avant-hier, une cinquantaine d’ouvriers ont exprimé leur courroux en bloquant la RN 5 au niveau du carrefour d’Ahnif (voir notre édition d’hier). L’après-midi de dimanche, toujours dans la même localité, c’était au tour des chômeurs d’investir la chaussée pour y brûler quelques pneus.

Une centaine de sans emploi ont bloqué la circulation automobile pendant près de deux heures, créant un bouchon monstre jusqu’à Bechloul (voir le papier de O. Soualah). Toujours dans la région, l’usine de plâtre d’El-Adjiba demeure fermée depuis le début de la semaine par des chômeurs qui ne demandent qu’à travailler. Ces centaines de personnes qui recherchent un emploi ont certes été radicaux dans leurs actions de protestation en bloquant les routes mais sont-ils blâmables pour autant ?

Allant crescendo, ces mouvements finissent par faire réagir les responsables locaux. Ces derniers, attentifs sur le moment, et ne focalisant surtout que sur le retour du calme, font des promesses qui ne sont le plus souvent pas tenues. « Ventre affamé n’a point d’oreille », dit l’adage populaire, mais les yeux observent une discrimination flagrante dans cette région.

La semaine dernière, les services de la DAS de Bouira étaient littéralement pris d’assaut par des centaines de chômeurs qui voulaient bénéficier de nouvelles formules à l’emploi.

Seules les forces de l’ordre, avec leur matraque ont réussi à mettre un peu d’organisation dans les files d’attentes. Le vent de colère qui s’est répandu spécialement dans la région est généré par un sentiment d’injustice et de discrimination quant à l’accès à l’emploi. Les chômeurs ont besoin de travail, d’argent, ils sont contraints de faire entendre leurs doléances auprès des responsables locaux. Seront-ils obligés de sortir de la légalité pour vivre et faire vivre leurs familles ? Le chômage et la mal vie ont atteint des proportions alarmantes et les prémices d’une révolte sont perceptibles.

Le nouveau wali de Bouira aura du pain sur la planche pour répondre favorablement aux doléances des sans emploi au risque de voir la situation s’envenimer davantage.

Hafidh B.

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