Azwaw l’Autonomie et Larbi Tamazight Point ne sont toujours pas rentrés là-bas chez eux, au Canada. Mazal-iten pour encore deux bonnes semaines à Ait R’gad.
Il faut dire que les deux émigrés militants ont beaucoup de travail. En fait, ils sont di Tmurt pour alimenter TSF(Tamazight Sans Frontières) et TAF (Tamazight Avec Frontières), leur associations, de tqer3idj politico-culturel, dans la perspective du colloque international sur « lihala des brobros » prévu à Montréal dans deux mois.
Ma3na et jusque-là, Larbi et Azwaw ne semblent pas très satisfaits de leur cueillette.
Alors qu’ils pensaient rencontrer un maire bête, discipliné et obéissant au doigt et à l’œil des tawabet, ils retrouvent un Kaci l’angoisse déterminé à réinventer la République et dérivés, ici chez lui à Ait R’gad.
Les deux émigrés sont même étonnés de constater que Kaci à inventer le concept de » la démocratie participative « , bien avant la Ségolène Royal.
Le statut de la femme di Taddart est une autre réalité qui les a sidéré, en découvrant une Sadiya n l’euro qui pèse de tout son poids sur le devenir n Taddart.
Du coup, Larbi et Azwaw se sont sentis ridicules avec leurs appareils numériques et autres dictaphones prévus pour consigner les témoignages poignants d’une tagiwant martyrisée.
Le TAF yuqa-yas carrément en travers de la gorge à Azwaw l’Autonomie en croisant des militants du MAK activant sans cagoules et, qui plus est, dans une salle mise à leur disposition par le maire. Les autonomistes préparent leur congrès prévu deg la coupole du 5-Juillet, fin août. Azwaw n’en revient pas. « Qu’est-ce qui ne va pas donc chez les brobros ? », s’interroge-t-il.
Larbi aussi yuqa-yas son TSF. Il vient d’apprendre qu’une institution de l’Etat revendique « Alger, capitale de la culture amazighe ». Il apprendra aussi que ce même Etat, pas celui du Canada, a créé une institution pour aménager la langue de Si Mohand Oumhand, un haut conseil et une académie pour tamazight.
Mais là où vraiment yuqa-yas le TSF, c’est lorsqu’il est allé à la rencontre des écoliers n tghiwant.
Ces derniers et dans un kabyle scolaire parfait l’accueillent en chœur : « Azul fell-ak mass Larbi, aselway n Tdukkla n tamazight war Tilas ! « . Larbi qui n’a rien compris, se contente de répondre par un grand sourire qui cache mal son désarroi.
T. Ould Amar
t. ouldamar@yahoo. fr