Toutes les tentatives menées jusque-là afin de mettre fin à l’habitat précaire au chef-lieu de la commune de Boghni se sont heurtées à des échecs. Pourtant, il suffisait à une certaine époque d’un peu de volonté pour aider des centaines de familles à sortir de leurs ghettos (notamment lorsque la collectivité avait les moyens et les ressources pour le faire). Maintenant que les problèmes se sont accumulés et les solutions difficiles à trouver, on ne peut qu’envisager des conflits sociaux à l’avenir. Le cas des habitants de l’ex.base-vie illustre bien l’ampleur de la crise du logement à Boghni, car ce n’est pas normal de parler d’avancées en matière d’habitat au niveau du centre ville et sa périphérie au moment où de nombreuses familles continuent à subir les affres d’une vie collective dans des barraques. En fait, il existe un autre endroit où les résidants sont soumis presque aux mêmes conditions, à savoir “La cité brûlée” pour laquelle un plan de restructuration est nécessaire plus que jamais. Cependant, en dépit de l’urgence signalée pour conjuguer les efforts, et ce dans l’optique d’atténuer la souffrance de ceux qui vivent dans l’éxiguité, rien n’indique au demeurant que les choses évoluent vers le dénouement tant espèré. Ainsi, après toutes les annonces faites auparavant par les autorités locales, particulièrement celles ayant trait au règlement du problème posé maintes fois par les habitants de l’ex. base-vie, sur le terrain on assiste à des blocages d’ordre administratif, ce qui a poussé les bénéficiaires d’un terrain à bâtir sur le même site à mener des actions de contestation. La dernière a eu lieu devant le siège des domaines pour exiger l’obtention des certificats de possession, le seul moyen pour eux de postuler à l’autoconstruction et à l’aide de la Caisse nationale du logement. Il faut dire que même la politique consistant à favoriser beaucoup plus le logement promotionnel et participatif; inaccessibles pour les couches les plus défavorisées, à créer un déséquilibre et en même temps un besoin en logement sociaux que devaient être destinés à la résorption de l’habitat précaire, mais en opérant comme cela se fait ailleurs à des recassements. Or, à Boghni les blocs de logements réalisés ont été squattés durant les évènements du printemps noir, ce qui n’a pas permis de situer les vrais besoins de la commune.
M. Haddadi
