L’assainissement des eaux usées et leur réutilisation dans le secteur agricole est l’une des méthodes adoptées par tous les pays de la planète, notamment ceux appartenant à la zone semi-aride, comme l’Algérie pour augmenter leurs potentialités hydriques en développant les ressources non conventionnelles. Les pays développés ont déjà acquis une certaine culture dans ce domaine, et des recherches approfondies sont toujours en cours pour mettre en marche des technologies sophistiquées très avancées. L’Algérie, qui a appréhendé jusqu’à présent la sécheresse et la pression de la demande en eau potable par la réalisation des infrastructures (barrages), une approche qui a atteint ses limites et qui n’a pas apporté l’amélioration voulue au niveau de la couverture des besoins aussi bien du citoyen que des autres secteurs agricoles et industriels, envisage dorénavant de nouvelles stratégies de planification, d’aménagement et de gestion des ressources en eau. Ces stratégies sont basées sur des outils modernes d’investigation, de prévision et de gestion tout en tenant compte des nouvelles conditions hydro-climatiques et socio-économiques du pays. Pour relever ce nouveau défi, notre pays, encore novice dans ce domaine, a besoin de partenariat étranger afin d’acquérir le savoir-faire et la maîtrise des nouvelles technologies. La tenue du Salon international des équipements et services de l’eau (SIEE) à Alger tombe à point et constitue une opportunité de choix offerte à tous les acteurs de l’eau pour débattre, ensemble, de tous les aspects liés à cette ressource vitale et devenant de plus en plus rare, de discerner les réelles opportunités de collaboration et de conclure des contrats de coopération mutuellement bénéfiques et avantageux. La présence d’experts canadiens, français et espagnols à ce salon, et la tenue d’un séminaire technique canadien sur la gestion des ressources hydrauliques, d’une conférence sur les différentes technologies de traitement des eaux usées organisée par l’Espagne et d’un colloque algéro-français sur l’eau et l’assainissement sera d’un grand apport pour développer cette option dans notre pays. L’actuel réseau national d’assainissement totalise un linéaire de 32 000 km tandis, que le taux de raccordement est de 85%. Le volume global des eaux usées rejetées en mer et qui atteint aujourd’hui les 700 millions de mètres cubes dont 550 millions mètres cubes pour les seules agglomérations du Nord, sera revu à la baisse selon les prévisions de 50% à l’horizon 2009. Les usages possibles des eaux usées épurées sont l’irrigation, la recharge des aquifères, l’industrie et la priorité doit être donnée aux zones déficitaires en eau conventionnelle afin d’alléger le recours à cette dernière. Le nombre de stations d’épuration (STEP) est estimé à 73, dont 21 sont déjà exploitées et 10 seront réceptionnées avant 2009. Malheureusement, les stations en exploitation ne fonctionnent qu’à moitié de leur capacité d’épuration estimée à 160 millions de mètres cubes par an. Une situation due en partie aux problèmes de collecte de toutes les eaux usées et leur acheminement vers les STEP, car la réutilisation de ces eaux nécessite une infrastructure de collecte, de traitement, de transport et de distribution en plus des risques sanitaires et des précautions qui doivent être prises pour éviter des cas de contamination. S’ajoutent à cela les obstacles d’ordre psychologique et culturel en raison de la nouveauté de ce mécanisme qui nécessite de mener des actions d’information soutenues pour vaincre les préjugés.
H. Hayet
