Le Rassemblement national démocratique ne souscrit pas aux propositions déposées par le groupe parlementaire du MSP, relatives à l’amendement de deux dispositions du code pénal.
Pire, il accuse son allié de la Coalition gouvernemental de vouloir rééditer les conditions, à l’origine du malheur dans lequel est plongé le pays. « Nous refusons un quelconque retour aux année 90 », tonne Seddik Chihab, vice-président de l’APN, au sortir d’une réunion du bureau national du RND consacrée, entre autres, à l’examen des propositions d’amendement de l’ex-Hammas.
La réunion a été sanctionnée par un communiqué très vigoureux qui ne veut laisser planer aucun doute sur la ferme volonté du parti d’Ouyahia de camper sur ses positions républicaines. Arguant des principes des libertés individuelles et collectives, les députés MSP veulent désormais faire sauter le verrou de l’article 114-bis du code pénal qui interdit aux imams non déclarés de faire des prêches. Dans son élan «libertaire », le MSP propose aussi que les articles qui pénalisent les écrits de presse soient revus. Une initiative qui accentue l’ire du RND qui dénonce un « amalgame » autour des libertés fondamentales ainsi que la symétrie suggérée entre deux situations absolument « dissemblables ». « Les journalistes ont toujours été aux côtés de la République dans le malheur vécu par le pays », souligne Seddik Chihab qui laisse entendre que cela ne s’étend pas aux « autres ».
Ahmed Ouyhaia, secrétaire général du RND avait, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, abondé dans le sens d’une dépénalisation des écrits de presse.
Aujourd’hui, il se montre très suspicieux à l’égard de ce qui s’apparente à une « vente concomitante ». Il faut noter que c’est le RND qui
dirige actuellement la présidence tournante de la coalition gouvernementale.
M.B.
