«Il faut casser le mur du silence concernant le rapt et le kidnapping de nos enfants. Basta! Le trafic d’organes ? Nos enfants ne sont pas des rats de laboratoire ». Ces phrases percutantes ne devront laisser aucune personne, aucun citoyen algérien indifférent. Le kidnapping, le rapt et le trafic d’organes des chérubins était hier le sujet d’un débat organisé par la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH.) L’aile présidée par Maître Hocine Zehouane a créé au mois d’Avril dernier une cellule interne qui s’occupera de ce dossier appelé ‘SOS kidnapping d’enfants. « Les autorités font encore la sourde oreille », a-t-il lancé. Et d’ajouter qu’ « au moment où la ligue a tiré la sonnette d’alarme sur ce phénomène, les autorités avaient autre chose à faire et prenaient les choses à la légère ». Les membres de la cellule ont essayé de décortiquer le phénomène qui continue à prendre des envols inquiétants. M.Belmouhoub renvoie ce fléau à plusieurs raisons telles que la perversion, la traite des enfants et surtout le « commerce » d’organes qui selon lui apporte des richesses considérables aux ravisseurs. M. Belmouhoub cite quelques exemples : il s’agit notamment d’un groupe de malfaiteurs interceptés par les forces de sécurité au niveau des frontières marocaines, « A Maghnia on vend des enfants pour une clinique privée située à Oujda pour la somme de 45 000 dirhams». Le sort réservé à cette frange inconsciente et sans défense est traité à l’intérieur des blocs opératoires pour, dit-il, «extraire leurs organes vitaux». Maître Nafaâ Wassila déclare à ce propos avec une voix enrouée que « ce que vit la société algérienne actuellement est étranger à nos coutumes et traditions mais il faut noter que c’est le résultat d’une crise multidimensionnelle qui touche la politique, l’économie et le social », avant d’ajouter que « la plupart des ravisseurs sont motivés par l’argent, vu les demandes de rançon qui dépassent le milliard de centimes pour une victime ». M.Belmouhoub, abordant le volet juridique s’est dit satisfait de la prise en charge même avec du retard de ce fléau, notamment au niveau du pouvoir législatif, l’APN et le Sénat.
S’étalant sur les actions à mener par ladite cellule, Me Nafaa Wassila annonce que “de prime abord on doit occuper le terrain afin de sensibiliser les citoyens et créer ainsi une chaîne de solidarité pour éradiquer ce phénomène”.
Lors de ce débat, on a constaté la présence d’une victime de kidnapping : il s’agit d’un père à qui on a enlevé son enfant de 29 mois à l’intérieur même de la cité où il habite. M.Ouazar regrette le fait que « les services de la Police n’ont pas entrepris les recherches au moment opportun.“ On m’a demandé de revenir le lendemain soit 24 heures après, et c’est trop tard car jusqu’à aujourd’hui je n’ai aucune trace de mon fils ». il ajoute par ailleurs qu’ « un individu l’a appelé et lui a demandé une rançon de 10 millions de centimes, mais depuis l’appel à ce jour le pseudokidnappeur n’a pas rappelé».
Enfin, l’ensemble des membres de la cellule ont décidé d’agir et taper fort afin de mobiliser la population pour arrêter cette saignée qui plonge des parents dans un éternel deuil.
Lounis Melbouci
