La question des droits de l’homme dans notre pays a constitué, encore une fois, le centre d’intérêts des ONG internationales en charge du dossier. C’est dans cette optique d’ailleurs que la délégation de Human Rights Watch, qui a visité l’Algérie, a animé hier à Alger une conférence de presse pour évaluer son travail et donner les résultats préliminaires de ses investigations et contacts. Eric Goldstein, directeur de recherche pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a indiqué que son organisation a constaté « une nette amélioration dans le domaine du respect des droits de l’homme « , malgré « le recul dans la liberté de la presse ». Pour lui, les trois points, qui ont suscité le plus son intérêt et celui de ses amis, sont ceux relatifs à la question des disparus, les libertés publiques et la situation de la femme. Pour les animateurs de Human Rights watch, « l’appareil judiciaire algérien n’avait pas vraiment fonctionné pendant les années noires, du fait de la confusion qui régnait dans le pays ». Cependant, l’ONG pense que les dernières réformes mises en place » sont positives, même si les textes ne suffisent pas « . Eric Goldstein dira qu’il faut une volonté politique « pour arriver à une justice véritablement indépendante ». Sur le projet d’amnistie générale, l’organisation américaine dit craindre « une impunité ». Autrement dit, cette loi ne « permettra pas de parvenir à la vérité que les familles recherchent ». Il est utile de signaler ici que le représentant de Human Rights Watch s’est contenté durant de longs moments à ne parler que des familles des disparus, tout en mettant les agents de l’Etat et les « groupes armés » dos à dos quant à leur responsabilité dans ces « tragédies ». Sur le plan des libertés publiques, l’ONG dit que notre pays est l’un des rares pays de la région à donner une véritable liberté de la presse. Cependant, Goldstein regrette qu’il « y ait un recul » dans le domaine. Il a demandé aux journalistes présents de « sauvegarder cette liberté ». Quant au déroulement de leur visite, les représentants de l’organisation de la défense des droits de l’homme « remercient les autorités algériennes » qui leur ont facilité la tâche. Ils disent qu’ils ont pu se déplacer en toute liberté. Ils ont choisi eux-mêmes leurs interlocuteurs et les lieux de leurs déplacements. La plus grande conclusion à laquelle les conférenciers sont arrivés est le fait que « les populations des régions visitées n’ont plus peur ». La preuve en est que « la majorité des témoins ont accepté d’afficher leur nom ». C’est le point le plus positif.
Ali Boukhlef
