l DDK : Quelle est l’origine de cette polémique entre vous et le wali?A. Rabhi : Notre assemblée est l’émanation populaire et ne doit qu’être mûre, donc ne peut polémiquer pour le plaisir de le faire. Par contre, le wali est un polémiste par excellence et d’ailleurs il est à l’origine de cette guéguerre qui nuit à la commune. A notre prise en considération, bien au contraire notre chef de daira nous en a créées en commençant par la remise en cause de la liste des bénéficiaires des logements sociaux laquelle d’ailleurs avait été maintenue à deux personnes près. Le wali nous a suspendu 30 logements LSP et une poste alors que le PDAU et ses différents POS prévoyaient ces 2 projets en ces lieux et places. Vous voyez bien que nous avons été assez sages de patienter autant pour réagir car la volonté de nuire à notre commune est flagrante.
Pourquoi a-t-on enlevé la gestion des camps de toile uniquement à la commune de Souk El Tenine ?C’est la suite logique de cette stratégie concoctée par le wali et le chef de daira dans le but de nous discréditer vis-à-vis de notre population car nous les gênons au sens propre du mot.
Le motif invoqué par votre tutelle est plutôt le non recouvrement des créances…De 1998 à 2004 nous avions recouvert 47 518 762 DA sur 57 262 420 DA soit un taux de 83% alors qu’officiellement ça ne relevait pas de nos prérogatives de le faire mais plutôt de celles du receveur des contributions. Pensez-vous que nous avions mal géré ? Les gens qui ont organisé cette conférence de presse pour dire n’importe quoi gèrent ce problème à tâton et donnent l’image de sbire chargé de mettre à genoux la commune de Souk El Tenine et ses élus. Il est clair que le wali veut se venger de la commune de Souk El Tenine qui avait maintenu sa décision des indus occupants des compings par voie judiciaire. D’ailleurs, des personnes redevables à la collectivité ont été bénéficiaires de campings par voie d’adjudication alors que le cahier des charges communal, que la direction des domaines a repris, exclut tout adjudicataire redevable vis-à-vis de la collectivité. Nous avons même remarqué qu’en ce moment il y a au niveau des campings 3 indus occupants. Est-ce l’éternel recommencement ? Donc nul ne peut gérer les camps de toile mieux que l’APC. Même 3 campings acquis en 1986 par la commune auprès de la SPDT ont été mis à la disposition de la direction des domaines. C’est une véritable hogra.
Donc ce n’est pas un problème de mauvaise gestion ?Absolument, sinon qu’est-ce qu’elle a rapporté la nouvelle adjudication ? Rien du tout. On a voulu étouffer Souk El Tenine et ça date de longtemps. Une proposition de 60 logements FNPOS dont le choix de terrain avait été même fait, a disparu par je ne sais quel miracle pour certainement atterrir ailleurs. Nous disposons de plus de 15 hectares de terrain et pourtant nous n’aurons aucun logement social d’ici 2009. Même nos chouhada n’ont pas été épargnés, la délibération de janvier dernier dans laquelle a été proposée la baptisation de ruelles et autres du nom de ces chouhada n’a pas été approuvée à ce jour. C’est une véritable honte.
Et les salaires qu’on dit gonflés de vos collaborateurs ?Le wali avait déjà chargé la police de faire une enquête sur ces salaires sans résultat. Mécontent de l’entêtement des élus de Souk El Tenine, le 8 mai, il saisit le trésorier communal pour lui intimer l’ordre de procéder à la défalcation des PRI et PRC des 2 élus communaux. Ces derniers ont vu le wali à qui ils ont présenté la convention collective de leur organisme employeur qui prévoit le paiement de ces primes mensuellement. Coup de théâtre, le 18 du même mois, le wali récidive en demandant d’enlever tous les accessoires de la paie et de ne laisser pratiquement que le salaire de base à ces élus. Il s’appuie sur l’article 10 du décret 91/463 qui stipule que dans le cadre où l’indemnité prévue aux articles 5 et 6 ci-dessus est inférieure au traitement ou salaire perçu par l’élu au titre de son poste de travail dans son organisme employeur d’origine, l’idemnité versée devra correspondre à la rémunération mensuelle perçue dans son emploi d’origine avant son élection. Là, c’est à ne rien comprendre. Une deuxième rencontre eut lieu en présence du P/APW dans laquelle le wali demanda carrément à ces élus de saisir le ministre de l’Intérieur par courrier. Pourquoi avoir attendu 3 ans pour demander d’enlever les primes alors que la loi est très claire à ce sujet. Imaginons qu’un élu au nord se ramène avec son salaire du sud pour un mandat électif mais avec défalcation de toutes les primes, acceptera t-il ? C’est pour ça qu’on avait prévu cet article 10. Toutefois, pour ce cas de salaires, nous avons déposé plainte contre le wali auprès du tribunal d’Alger.
Interview réalisée par A. Gana
