Si l’on se fie aux déclarations du responsable de la subdivision agricole de la daïra de Seddouk, lors de notre entrevue, 43 demandes de logements entrant dans le cadre de l’habitat rural auraient été satisfaites. Les heureux bénéficiaires sont tous issus du village de Beni Djemhour relevant de la commune d’Amalou.
Nous pouvons dire sans ambages que la crise de logement est belle et bien résolue dans cette bourgade enclavée, nichée sur les hauteurs à quelque 100 mètres d’altitude. “Nous avons satisfait la quasitotalité des demandes émanant des demandeurs répondant aux critères d’attribution. Nous n’en resterons pas là. Les nouvelles demandes éventuelles seront également satisfaites. La plupart des constructions sont en voie de finition, ce qui est encourageant”, dira notre interlocuteur visiblement très satisfait de l’état d’avancement des travaux, à l’entendre, qui dépasse les 90%. Mais cela est-il suffisant pour une vie décente dans ces montagnes où les perspectives d’emplois et de loisirs, pouvant faire sortir de l’ornière la masse juvénile désemparée et désorientée, sont dramatiquement insuffisantes si elles ne sont pas nulles ?
C’est à cette question que les pouvoirs publics ont répondu en accordant à ce village un Projet de proximité de développement rural intégré (PPDRI) comprenant aussi bien des actions collectives qu’individuelles où sont intégrés l’ensemble des projets concoctés par les citoyens. Selon ce responsable, ce programme lancé en 2008 comprend dans le cadre collectif : le revêtement de la route reliant Beni Djemhour au chef-lieu communal, l’ouverture d’une piste agricole sur 7 km laquelle sera très utile pour faciliter l’accès aux parcelles cultivées des citoyens par des moyens carrossables, aménagement d’une aire de jeux que les jeunes ont accueilli avec soulagement, cette structure leur permettra d’apprendront à taper dans un ballon et à affirmer leur talent ; il y aura aussi la réalisation et le renforcement de plusieurs réseaux hydrauliques.
Pour les actions individuelles : plusieurs unités d’élevage, de plantations fruitières et oléicoles, des activités bien adaptées dans cette région ont été créées par des jeunes chômeurs qui voient l’amélioration de leur vie sociale pointer du nez à l’horizon. Mais ce responsable n’a pas manqué de signaler que ces jeunes restent confrontés aux problèmes du gel de leurs dossiers par la banque, ce qui ne leur permet pas d’avancer dans leurs projets et perdant un temps précieux en attendant que la banque opère enfin le dégel d’une situation qui les pénalise à plus d’un titre. “D’un côté, on te donne un projet et de l’autre, on te met des entraves et puis au bout de quelques mois, on t’accuse de ne pas avoir entamé les travaux. Voici la situation à laquelle nous sommes confrontés et nous ne savons même pas à qui nous plaindre”, dira un jeune, rencontré un dossier à la main, ne sachant pas quel chemin prendre, d’après ses dires.
L. Beddar
