Tournant le dos à la ville de Béjaïa et s’étalant sur un flanc escarpé et abrupt cette immense baie à la fois aquatique, ludique et féérique très propice au repos et à l’évasion est très prisée par les connaisseurs qui constituent son seul support publicitaire et qui ne manquent pas de la conseiller aux autres pour leurs moments d’évasion, loin du stress quotidien de la ville. Attractive et fascinante, outre les vacanciers venant des villes et villages de la wilaya ou de la Kabylie toute entière, ou encore des autres régions du pays qui la côtoient, elle est aussi la destination privilégiée des Béjaouis qui ne peuvent s’en passer car favorable aussi au déplacement de par sa proximité de la capitale des Hamadites. Dans la journée pour les week-end et les après-midi pour les jours de semaine hommes et femmes, petits et grands à pied, en motos, en fourgons ou en voiture, ses adeptes s’y rendent par milliers. Qualifiée de paradis écologique car s’en est un, par les amateurs de vacances près de la nature qui sont de plus en plus nombreux à la fréquenter, notamment les randonneurs ou simples amateurs de nature réservée, ceux qui l’ont fréquentée en gardent des souvenirs inoubliables et des liens profonds avec sa flore verdoyante à la végétation drue et aux arbres géants et de sa faune sympathique et amusante. Le visiteur qui se rend pour la première fois s’émerveille de par ce que la nature a façonné comme environnement sauvage de toute beauté, un paradis de l’escapade et de l’escalade qui offre aux vacanciers un cadre de détente agréable. Yemma Gouraya du haut de sa forteresse inexpugnable érigée sur le sommet de la montagne veille aussi bien sur l’endroit et les visiteurs qui s’y rendent. A la sortie ouest de la ville de Béjaïa, qui constitue l’entrée de cette fabuleuse station balnéaire, un branchement indique deux chemins goudronnés qui mènent à deux endroits différents. L’un menant vers les hauteurs, lesquels surplombent la mer, les visiteurs dominent à cet endroit une vue splendide et imprenable sur la grande bleue aux horizons très lointains. Cette route carrossable s’arrête à la limite d’un tunnel. Alors, on continue à pied sur des sentiers serpentés et taillés au milieu des rochers. De petites baraques accueillent les visiteurs avec des produits touristiques, des biscuits et des rafraîchissements. “Nous sommes au pic des singes”, indique une pancarte. L’endroit est accueillant aussi grâce aux singes magots qui y ont élu domicile, très accueillants et inoffensifs, pour ne pas dire carrément qu’ils sont devenus par la force des choses apprivoisés, voire des amis des enfants et des adultes. Ces primates font d’ailleurs la joie de ces derniers. Au fait, pour amuser leurs clients, ils font des grimaces et des sauts, et en récompense ils reçoivent de leurs spectateurs de la nourriture (pain, biscuit, eau, etc.). Non loin de là, un parc d’attraction pour les enfants ne désemplit pas, notamment les week-end où des balançoires et des glissades sont prises d’assaut par les bambins sous l’œil attentif des parents qui les surveillent à partir des bancs installés à côté et sous de gigantesques arbres ombrageux. La deuxième route, qui descend jusqu’à la mer sous des arbres ombrageux, s’arrête à un parking bondé de véhicules en stationnement attestant du nombre impressionnant de visiteurs venus prendre l’air de vacances dans cette crique parsemée de petites maisonnettes ressemblant à des gîtes ruraux. Une foule compacte se bouscule autour d’une fontaine où une eau limpide sortie des entrailles de la terre et canalisée dans une conduite coule à flot d’un tuyau galvanisé. Les visiteurs font la chaîne pour se désaltérer d’une eau fraîche à grande saveur. En bas du massif se trouve la plage à l’eau limpide, à la rive rocheuse et pleine de galets où les baigneurs, avec un malin plaisir, n’ont pas besoin de parasols. Des arbres séculaires de par leur âge, gigantesques de par leur taille et ombrageux couvrent aussi bien des espaces où sont entreposés les affaires, se détendent les nageurs et les curieux venus la découvrir. Sur les sentiers longeant la corniche à droite comme à gauche, le visiteur tout au long de sa balade aura à contempler la végétation verdoyante qui lui offre des senteurs odorantes qui lui montent jusqu’aux narines et un air pur à humer à pleins poumons. Ne sont pas négligés aussi la mer et les animaux parqués sur la murette qui guettaient le moindre geste qui les fait fuir en se jetant au bas côté, sur les branches des arbres.
Les visiteurs qui raffolent des randonnées dans ce coin édénique au charme éblouissant à couper le souffle en laissant s’émouvoir du regard des subtilités fort nombreuses qui dépaysent la vue et impressionnent l’esprit, bien heureux le clament, ils ne s’empêchent pas, caméras et appareils photos en main à immortaliser leur visite. C’est ainsi qu’ils tenaient à engranger dans leurs valises des photos et des films souvenirs d’un panorama inédit aux paysages enchanteurs que leur offre notre chère et bien aimée Kabylie.
Paradoxalement à cela, cette baie aux multiples facettes a charmé plus d’un parmi les touristes qui lui ont rendu visite et qui en revanche déplorent la dégradation des lieux où seules les infrastructures datant de l’ère coloniale existent encore dans des états parfois très lamentables. Dommage et bien dommage pour les pouvoirs publics qui sont en marge de ce décor de par leur absence et indifférence en laissant inexploitée une telle richesse qui peut apporter gros pour la région et au pays car il n’est jamais trop tard pour les pouvoirs publics de réhabiliter ce site, comme il existe peu sur le pourtour de la méditerranée, très convoité d’ailleurs par les touristes en été comme en hiver, en l’inscrivant parmi les projets prioritaires des sites touristiques de Béjaïa, si projets dans ce domaine il y a évidemment.
Mais difficile de croire qu’une telle éventualité est inscrite au sommet des préoccupations des organismes chargés de promouvoir le tourisme, sinon une partie des millions de touristes algériens et étrangers allant en Tunisie ou au Maroc, pour ne citer que ces deux pays qui nous ressemblent, pour trouver des prestations à la mesure de leurs ambitions, choisiront Béjaïa et ses potentialités touristiques pour leurs vacances, et pourquoi pas, aux aiguades.
Ainsi, des structures d’accueil digne de ce nom doivent être édifiées pour les accueillir, tels les restaurants et les cafés et autres. Des jardins publics aussi doivent être créés pour les piques-niques et le repos des familles. Autrement, c’est tout un mythe qui se meurt.
L. Beddar
