Hakim Tabet, un arbitre international lésé

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L’arbitre est considéré comme l’acteur incontournable dans toute discipline sportive au point que son rendement peut influer sur la réussite ou la faillite de cette dernière. Ce que vivent certaines disciplines ces derniers jours, n’est que la résultante des failles et de la mauvaise gestion d’un corps aussi sensible que l’arbitrage.

Le volley-ball n’est pas épargné par ce “virus” qui touche la majorité des disciplines, et ce qu’a vécu Hakim Tabet, arbitre international depuis 2004, n’est qu’un exemple parmi les autres victimes de la mauvaise gestion au sein de la Fédération de volley-ball.

Hakim était un arbitre très sollicité au niveau national au point où il était pressenti à un avenir très prometteur, ce constat lui a valu une invitation pour le stage d’arbitre international comme il l’explique lui-même “… Après nos bonnes prestations au niveau national, nous avons participé à un stage de candidature d’arbitres internationals en Tunisie au mois de novembre 2004 en compagnie de Farah Lotfi. Après notre réussite, nous attendions d’être choisis pour officier des matchs internationaux mais qu’elle ne fût notre déception car depuis cette date, aucune confirmation n’est venue nous soulager, vraiment nous vivons une situation alarmante…” En voulant connaître les responsables de cette situation, Hakim ne mâche pas ces mots “… La Fédération algérienne de volley-ball (FAVB) et la Confédération africaine (CAVB) sont les seules responsables de ce blocage, chacune dégage la balle vers l’autre…”. Pour confirmer ses dires et prouver l’inertie de la fédération algérienne, il donne l’exemple du “…Stage organisé par la FAVB en 2005 pour le passage de grade international, malheureusement un seul pays a participé avec l’Algérie et la Fédération international (FIVB) a annulé ce stage faute de participants (au minimum avoir 3 participants)…”

En parlant de compétence, seul critère de sélection des arbitres, M. Tabet pense qu’elle est reléguée en seconde position en affirmant : “… Quel que soit ton niveau, tu est toujours classé derrière l’Européen ou l’Egyptien parce que le président de la commission d’arbitrage africaine est égyptien et en même temps, il est secrétaire général de la commission d’arbitrage de la FIVB. Un arbitre égyptien, qui a eu son stage avec nous a arbitré ces derniers jours le match de 1/2 finale du tournoi d’Abu-Dhabi dames (hollande/Allemagne) et un Marocain a été appelé en tant arbitre neutre dans ce tournoi alors qu’aucun arbitre algérien n’est sélectionné à ce tournoi malgré la participation de l’équipe nationale algérienne.

Les Egyptiens font tout pour aider leurs arbitres, la preuve, ils disposent des arbitres au sommet de la hiérarchie du volley-ball mondial (FIVB)…”

Hakim nous parle d’un autre fléau qui “gangrène” la discipline, “…La corruption a atteint le sommet au niveau de la CAVB, la preuve sans offrir de cadeaux aux responsables de la Confédération africaine, tu n’officieras jamais de matchs internationaux. Est-il normal de terminer le cycle olympique sans arbitrer aucun rencontre internationale ?…” Et d’ajouter que “…Les fédérations étrangères prennent en charge leur candidats du côté financier et vestimentaire alors que chez nous c’est le laisser-aller, la preuve, deux arbitres ont dépensé 20 millions chacun de leur poches pour participer à un stage à Bahrein en 2004…” En parlant de l’épanouissement de cette discipline et son niveau à l’échelle nationale, notre référé ne cache pas sa crainte de le voir dégringoler de plus en plus en incombant la faute à “… La fédération qui ne fait rien pour améliorer le niveau des différents pôles de volley-ball nationales à l’image de Tlemcen, Constantine, Annaba… Sans oublier le corps d’arbitrage ou depuis 2004, aucun arbitre international n’a été confirmé.

La fédération s’en fout éperdument, l’arbitrage est le dernier de ces soucis, ni une indemnité adéquate ni une bonne prise en charge. Tant que la médiocrité règne au sein de la Fédération algérienne, nous assisterons au déclin de notre volley-ball…” Espérons seulement que les responsables optent pour les meilleurs critères de sélection afin d’améliorer le niveau de nos arbitres et rehausser le niveau de la balle haute parce que réellement tous les acteurs du volley-ball sont très sceptiques sur son avenir.

Hamour Zahir

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