Bilan terrifiant : 6 morts et pas moins de cinq blessés. Il était presque 20 h ce jeudi lorsque le calme paisible de la cité Haï El Mahdjer (ex-Carrière) de Cap Djinet fut brusquement ébranlé par une forte détonation. Celle-ci s’est produite au moment où une troupe de l’ANP empruntait au niveau dudit quartier un tronçon de la RN24. Diaboliquement actionnée à distance, selon toute apparence, par un commando local de l’ex-GSPC où ses relais agissant sous la barrière de la phalange sanguinaire d’El Ansar la charge explosive a tué 6 militaires. Et l’on dénombrait encore suite à ce coup brutal au moins deux autres blessés. Les victimes ont été évacuées vers une structure sanitaire avoisinante relevant de l’ANP. Pris de panique, au moment de l’explosion, de nombreux automobilistes circulant dans les deux sens ont fait demi-tour. Ce soir-là, on a signalé aussi qu’un enfant a été blessé par les éclats de la bombe. La forte explosion a ébranlé les vitres de nombreuses habitations avoisinantes. Témoignage d’un riverain : “La détonation a été suivie d’une épaisse fumée noire qui a recouvert un endroit jouxtant une broussaille. Juste après on voyait des corps gisant dans une mare de sang et d’autres soldats se tordre de douleur”. Et de s’inquièter : “Mais pourquoi donc continue-t-on de parler de paix et de réconciliation nationale ?” Même inquiétude partagée à quelques nuances près par les habitants des communes avoisinantes. Le même jour, vers 8 h du matin, trois agents de sécurité de Sonelgaz ont été blessés suite à une attaque terroriste, non loin du douar Ouled Allel relevant de Legata.
Alors qu’ils contrôlaient là le fonctionnement d’un transfortameur de l’énergie électrique de haute tension, ces agents ont été surpris par des rafales d’armes automatiques. Les victimes, dont l’une grièvement atteinte aux membres inférieurs, ont reçu peu après des soins appropriés dans un hôpital de la périphérie. Ce n’est pas la première fois que les commandos locaux de l’ex-GSPC ciblent les éléments de société de gardiennage affiliés notamment au secteur de l’énergie et des mines. Dans des circonstances presque similaires cinq agents de sécurité ont été grièvement blessés lors de l’explosion d’une bombe fin ramadhan dernier entre Souk El Had et Thénia. Les récentes résurgences des serriates de l’ex-GSPC s’apparentent à des tentatives de diversion au moment où les forces de sécurité ratissent les zones sensibles de la Kabylie. Ce redéploiement militaire est allé de paire, a-t-on constaté, avec le jugement par contumace près la cour pénale de Boumerdès de nombreux chefs terroristes, à l’instar de l’émir Zoual d’El Qaïda, du nom de Samir Saâyoud, alias Abou Loussaâb.
Lesdits procès ponctués le plus souvent par des peines capitales ou de réclusion à perpétuité sont le signe évident d’une politique de rupture avec l’ère du pardon à ceux qu’on qualifiait naguère d’“égarés”. On a sans doute finalement saisi l’inefficacité d’une telle démarche face à un mouvement terroriste qui s’est restructuré pour multiplier les attentats suicides et autres rapts avec rançon. Attaque kamikaze à Bordj El Kiffan avec un bilan de 3 morts, ce mercredi. Et la veille, un citoyen a été encore victime d’enlèvement par des terroristes à Thénia.
Salim Haddou
