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Le cri de Fella

A l’heure de sa promenade en fin de journée, un rituel quotidien, Fella, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est toujours assise sur son fauteuil roulant, non loin de son père, un vendeur de cigarettes à la sauvette, à la cité des 1000 Logements d’Ihaddaden, dans la commune de Béjaïa.Elle est différente des autres enfants. Elle les regarde jouer, s’amuser, courir ou sourire tout en rêvant d’être un jour comme eux. Hélas, pour le moment, ce n’est qu’un rêve auquel elle s’accroche, tout comme à son fauteuil roulant. Fella est une handicapée motrice âgée de 8 ans. Elle n’est pas ainsi venue au monde, mais quelque chose s’est passé, et a fait que 45 jours après sa naissance, la vie de cette mignonne petite fille et de toute sa famille, a basculé. En effet, mis à part que cette enfant est née d’un mariage consanguin, aucun examen prénatal ne présageait d’un tel handicap, d’autant que ses frères et sœurs ne souffraient d’aucune anomalie.Tout a commencé lorsque, 45 jours après sa venue au monde, Fella a été prise par une forte fièvre sans avoir convulser et qui, malgré des soins intensifs, n’a pas cédée. Depuis, l’enfant présente «un retard psychomoteur très prononcé, nécessitant une rééducation fonctionnelle», lit-on sur un compte-rendu médical. M. Yalla, père de Fella a tenté d’inscrire sa fille au niveau du centre pour handicapés, sis à Ihaddaden, malheureusement on lui a signifié que «dans son cas, et étant sur un fauteuil roulant, il est impossible de l’inscrire, car cela nécessite une surveillance et une vigilance que le centre ne peut assurer», nous dira le père de Fella. Cette dernière, qui suit des séances de rééducation, grâce à une âme charitable qui prend en charge les frais de cette opération, voudrait bien être prise en charge par un centre spécialisé d’autant qu’«une rééducation dans un centre spécialisé peut sauver Fella de cette maladie», ajoutera le père de la petite fille qui, même s’il existait un centre privé pour cela, il ne pourra pas soigner sa fille au vu des moyens dérisoires dont il dispose pour nourrir toute une famille.En effet, tout les rapports médicaux que nous a montrés le père de cette handicapée, confirment d’une part le diagnostic, et préconisent un même remède à savoir : «Une prise en charge par un centre de rééducation spécialisé». En attendant, Fella est toujours assise dans son fauteuil roulant dans l’attente d’une âme compatissante qui daigne venir la sortir de son calvaire ou d’apporter la moindre aide qui puisse la soulager.

Yacine Boudraâ

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