Entre sevrage et overdose

Tout le monde le sait. Tout le monde en parle. La consommation de tabac chez nos jeunes est banalisée à outrance et de manière outrancière.

A peine sortis de leur couche-culottes, des mioches pas plus hauts que trois pommes découvrent les « déclics » des paradis artificiels en étrennant leurs premiers mégots. Cet irrésistible penchant à la prise de tabac chez les enfants et les ados est d’abord et avant tout un dérisoire pied de nez à l’incurie des adultes. Le fléau a pris des contours si hallucinants que même l’institution éducative n’est pas épargnée par cette gangrène. Si dans les établissements scolaires du moyen, les élèves fumeurs opèrent de manière relativement discrète, en s’isolant dans les sanitaires et autres recoins à l’abri des regards pour voler quelques bouffées en revanche, certains lycées de Bgayet sont devenus de véritables fumoirs.

Avec une désinvolte déconcertante mêlée d’une certaine dose d’ostentation, des élèves s’adonnent à leur vice préféré, au nez et à la barbe de ceux qui sont pourtant sensés veiller, entre autres, sur leur santé. Au-delà de la faillite consommée des unités de dépistage et de suivi (UDS) qui n’ont jamais intégré dans leur programmé la lutte préventive par la sensibilisation permanente de la population scolaire sur les méfaits du tabac, c’est toute l’institution éducative qui s’en trouve éclabousssée. Car si la propension de l’adolescent à trouver refuge dans le tabac est étroitement liée à sa tentation émancipatrice et à son désir d’autonomie, c’est aussi sa manière de renier une école, loin de répondre à ses besoins et à ses attentes.

Nacer Maouche