Les vendeurs d’eau sillonnent les rues

C’est un marché juteux, semble-t-il, vu le nombre impressionnant de vendeurs qui liquident leurs citernes chaque jour auprès de clients potentiels et occasionnels.

Nous avons rencontré l’un d’eux à la cité Haddouche, lequel nous a donné quelques indications sur la vente de ce précieux liquide qu’il ramène dans trois citernes en plastique transparent de 1 000 litres chacune sur une benne d’un camion 2. 5t.

« C’est l’eau d’une source de la montagne d’Akfadou que je vends à des clients qui me connaissent bien. Je fais cette activité depuis maintenant 4 ans et Dieu merci je n’ai jamais eu d’incidents. C’est une eau contrôlée d’abord par le laboratoire du service d’hygiène communal local qui nous délivre un certificat que nous exhibons au service d’hygiène de Seddouk en cas de contrôle, lequel ne se contente pas de ce certificat puisque de temps en temps il fait des prélèvements d’échantillons qu’il contre-analyse aussi », dira notre interlocuteur.

Le vétérinaire du service d’hygiène de la municipalité de Seddouk que nous avons consulté aussi a confirmé les dires du vendeur. « De temps en temps nous opérons à l’improviste des contrôles en leur demandant un certificat en cours de validité et en faisant des prélèvement d’enchantillons que nous envoyons au laboratoire pour analyse. Pour vous rassurer, moi-même j’achète cette eau comme beaucoup de citoyens, notamment des malades qui ne peuvent boire l’eau fade du robinet tirée de la nappe phréatique », rassure le vétérinaire qui semble dire que son service d’hygiène communal veille bien au grain. Comment on en est arrivé là. A la fondation de la ville par les colons, ils avaient alimenté leurs foyers par une eau pure et minérale tirée de la source d’El Manfouka, laquelle sort des entrailles de la montagne d’Achtoug au lieu dit El Kantara qu’ils ramenaient dans une conduite par aspersion gravitaire. Après l’indépendance, les aléas climatiques ont provoqué l’insuffisance pluviométrique diminuant comme peau de chagrin le débit de ladite source auquel s’ajoute l’amplification à une vitesse effrénée des populations de la ville et des villages, ce qui a incité les autorités locales pour pallier le déficit, à laisser l’eau de cette source aux seuls villages et d’alimenter la ville de la nappe phréatique de l’oued Soummam. Pour bien dire les choses, l’eau tirée des forages de l’oued Soummam bien que bonne à la consommation, certains consommateurs la trouve fade, ce qui fait que certains citoyens s’abstiennent de la boire et ne l’utilisent que pour l’entretien et préfèrent donc s’approvisionner en eau de source ramenée des points millénaires des eaux réputées pour leur saveur ou l’acheter carrément chez ces revendeurs. Par ailleurs, ces revendeurs rendent aussi un grand service à la population au moment des pannes qui durent parfois des jours. Le moins que l’on puisse dire sur ce marché de l’eau, c’est que chacun y trouve finalement son compte : les revendeurs et les acheteurs semblent être satisfaits et en parfaite harmonie.

L. Beddar