Les enseignants contractuels entament une grève de la faim

Les enseignants contractuels observeront, à partir d’aujourd’hui, une grève de la faim au siège du Snapap (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique). Ils ne sont pas moins de 45 000 sur l’ensemble du territoire national. Prendront part à cette ultime action 22 wilayas, avec 5 à 6 membres chacune. C’est ce qu’a déclaré le Conseil national des enseignants contractuels, hier, lors d’une conférence de presse tenue au siège du Snapap. « On avait attiré l’attention des autorités sur la situation qu’on ne cesse de subir depuis des années lors d’un rassemblement tenu, en novembre dernier, à la Maison de la presse Tahar-Djaout puis, devant le ministère de l’Education, devant le Chef du gouvernement et même devant la présidence. On a contacté, aussi, les groupes parlementaires… Que faire face à la sourde oreille, au mépris des autorités ? », lâche d’un ton coléreux, Meriem, chargée de communication du bureau national des enseignants contractuels. Face à un confrère qui fera remarquer l’éminence de leur décision qui peut être lourde de conséquence et même périlleuse, une enseignante rétorquera :  » On n’ignore pas qu’une grève de la faim est un suicide à petit feu, autant que nos jeunes qui tentent la harga au péril de leur vie, mais sachez que c’est notre dernier recours « , en montrant du doigt les cinq revendications écrites sur une banderole : régularisation de la situation des enseignants contractuels et leur intégration quelle que soit leur spécialité, versement des salaires qui ne sont pas versés depuis trois ans et le versement régulier des salaires, bénéficier du salaire du congé annuel et des primes comme le stipulent les lois qui régissent le monde du travail, réintégration des enseignants licenciés abusivement et titularisation des enseignants contractuels après une année d’exercice.

Une enseignante qui ne tarit pas d’exemples où l’enseignant contractuel « est lésé dans ses droits légitimes », nous dira :  » Sincèrement on n’a pas peur de passer le concours qui aura lieu le 29 juillet prochain, mais on a peur des conditions dans lesquelles il aura lieu, des critères et des considérations qui seront prises en compte… qu’on nous donne nos droits au même titre que les autres du moment qu’on accomplit la même tâche… Dîtes que nous vivons une période de stress durant les vacances d’été, septembre étant incertain pour nous, certains ont franchi le seuil pour devenir des cas psychiatriques.  » N. Ghozlane, S. G du Snapap, solidaire avec ses collègues contractuels, affirme : « Nos jeunes désœuvrés par le chômage et la non-prise en charge optent pour la harga, les intellectuels pour la grève de la faim. J’ai participé à celle de 2001. S’il le faudra, on réaffirmera, une autre fois, la non-considération et la mauvaise gestion des ressources humaines dans notre pays. Ce qui fait que l’élite algérienne se retrouve en Occident.  » Une collègue à elle marmonnera que  » la prise en charge des contractuels est, logiquement, un volet indissociable de la réforme du système éducatif « . Une enseignante nous a fait part qu’à Béjaïa, 1 400 enseignants contractuels n’ont pas perçu leurs salaires depuis trois ans…que des enseignantes ont été remplacées sans aucun avis au préalable, après leur départ en congé de maternité qui n’est que de 15 jours !

Ahmed Kessi